Deep Purple sur le lac ? « C’est on ne peut plus symbolique »

Rémi Bruggmann et Michaela Maiterth, programmateurs du Montreux Jazz Festival. David Trotta © PLANS CULTES

Le Montreux Jazz dévoile une affiche savoureusement rock, qui déferlera sur les berges du Léman pour mieux rendre ses lettres de noblesses à un genre qui se fait pourtant chaque année plus maigre dans les festivals romands. Un véritable shoot, que PLANS CULTES décortique avec Rémi Bruggmann et Michaela Maiterth, programmateurs du Montreux Jazz Festival.

David Trotta

Deep Purple, Alice Cooper, Lenny Kravitz, PJ Harvey. Sans oublier The National ainsi que Sting et Editors. Alors que le rock perd la cote dans la plupart des festivals romands, le Montreux Jazz Festival lui offre un plateau des plus copieux. Avec des morceaux de très grands choix, dont nous parlent Rémi Bruggmann et Michaela Maiterth, programmateurs de Montreux.

On constate une présence massive du rock à Montreux cette année, contrairement à ce qui se fait ailleurs. Un contrepied aux tendances actuelles ?

MM : Il y a Metallica qui tourne en Europe. Rammstein aussi et AC/DC cet été en Suisse. Ils sont tous là (rires) !

RB : C’est peut-être plus marqué, avec Alice Cooper et Deep Purple, les deux le même soir. Mais je n’ai pas l’impression qu’il y ait plus de rock que d’habitude à Montreux. C’est un genre que nous avons toujours soutenu.

Lenny Kravitz sera présent après le « rendez-vous manqué » de 2020. Un retour que vous attendiez particulièrement ?

MM : nous y sommes enfin arrivés ! C’est certainement mon plus long report jusqu’à présent. Il était booké en 2020, nous attendions effectivement son retour. Peut-être un peu plus longtemps que nécessaire.

RB : Ce sera son troisième concert à Montreux. Il fait partie de valeurs sûres, des artistes que nous avons toujours mis en avant et que nous apprécions beaucoup.

Les Smashing Pumpkins : un groupe que vous aviez depuis longtemps dans le viseur ?

RB : C’est un de mes groupes préférés ! Ça fait onze ans qu’ils ne sont pas revenus en Suisse. J’en suis très content, aussi parce que depuis qu’ils se sont reformés, le groupe a passablement changé. Et depuis peu, le groupe compte à nouveau trois de ses quatre membres originaux. C’est super de pouvoir les accueillir avec une formation originale pratiquement complète.

MM : J’espère que tu ne vas pas t’évanouir (rires) !

Deep Purple, sur le lac. Pour leur dixième présence au Montreux Jazz et dans le cadre de leur célébration actuelle de Smoke on The Water. C’est hautement symbolique, non ?

MM : Ils ne pouvaient pas manquer cette occasion. C’est on ne peut plus symbolique. Ce morceau a vraiment placé Montreux sur la carte du monde.

Grosse soirée rock, puisqu’il y aura aussi Alice Cooper sur la Scène du Lac. Une envie de revenir à 1971 et de mettre le feu au lac ?

MM : Je m’y applique depuis un certain temps, avec des idées que Claude a toujours refusées (rires). C’est l’une des soirées dont je me réjouis vraiment.

Le plateau PJ Harvey et The National est présenté comme la « combinaison gagnante ». Pourquoi ?

RB : Ce qui est intéressant sur cette soirée, c’est que certaines combinaisons ne semblent pas toujours évidentes. Mais quand on les voit sur le papier, elles s’avèrent super. C’est une soirée hyper forte. C’est une combinaison qu’on voit peu en festival, ou même en salle de concert. Généralement, on a plutôt une tête d’affiche et une première partie. C’est assez exceptionnel de proposer deux artistes au sommet de leur art et qui partagent la même scène un même soir.

C’est aussi le cas pour Deep Purple et Alice Cooper.

MM : C’est juste. Mais il y a quand même l’historique deeppurplien de Montreux. Purple, c’est Purple. La première fois qu’ils ont joué à Montreux, tout le monde avait les larmes aux yeux. Eux compris. Ce n’est évidemment pas que nous nous sommes réjouis que la Casino ait brûle, loin de là. Mais il y a ce mythe, avec ce riff iconique, qui est d’ailleurs parfois interdit dans les magasins de guitare.

Retour au Casino cette année. Autre lieu mythique de l’histoire du festival. En termes de programmation, à quoi avez-vous dû être attentifs ?

MM : Il a fallu s’adapter au caractère intimiste du lieu, avec des artistes qui seront très proches du public. Il ne va pas falloir qu’ils se ratent (rires).

RB : La salle est en partie assise, ce qui dicte aussi en partie l’atmosphère. À partir de ce paramètre, nous voulions construire une programmation à l’image de cette salle et de sa configuration. Le but est de créer des moments spéciaux de musique, qui est véritablement placée au cœur de cette scène.

MM : L’artiste est sur un plateau. À lui d’en profiter.

Quel lien entre les deux scènes payantes, dans la mesure où c’est une volonté du Montreux Jazz que de les faire dialoguer ? Ce qui était le cas pour l’Auditorium Stravinski et du Lab.

RB : Nous faisons attention au type de soirées que nous programmons, aussi pour éviter de se cannibaliser. Nous n’avons pas forcément envie de programmer les mêmes styles de musique un même soir sur les deux scènes.

MM : Ce qui a changé avec le temps. Par le passé, nous faisions le contraire. À l’époque, ça marchait comme ça.

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