Wolfmother: des poils en moins, mais toujours d’attaque

Wolfmother – Les Docks 2026. David Trotta © PLANS CULTES

Le power trio australien foulait à nouveau la scène des Docks hier, dix ans après sa dernière venue. Concert qui fleurait bon le rock seventies, il aura séduit par l’éternelle simplicité des riffs qui hurlent, tous crocs dehors. Critique.

David Trotta

C’était il y a dix ans déjà, à une vache près (c’était le 23 août). Wolfmother à Lausanne, aux Docks, qui tournait son dernier disque en date, ‘Victorious’. Ses sonorités cosmiques. De gros, gros titres: celui qui donne le nom à l’opus, nécessairement, mais aussi The Love That You Give. Le très explosif Gypsy Caravan, la douce Pretty Peggy.

Dix ans plus tard, hier soir donc, Wolfmother n’avait rien à vendre de particulier. Hormis ses riffs taillés dans le rock seventies, les origines hard. Pour un concert où s’entrechoquent morceaux d’hier et d’aujourd’hui, en passant par Dimesion, White Unicorn et Woman pour commencer, tous trois issus du premier album éponyme, jusqu’à Rock Out, du dernier en date (2021). Du lourd donc, qui fait des concerts de Wolfmother un marathon de titres qui bougent. Beaucoup. On dénombrera trois crowd surfing hier soir aux Docks, deux sur Woman, troisième chanson de la soirée, qui laisseront le temps à Andrew Stockdale un certain temps d’improvisation avec ses inénarrables gammes pentatoniques. Le dernier sur Colossal, avant-dernier titre de la soirée. Qui laissera évidemment place à Joker and the Thief, le grand tube, pour la fin.

Andrew… et les autres

Soirée de feu certes, elle aura toutefois manqué d’un poil de poésie, que maîtrise pourtant bien Stockdale et sa meute. Préférant le rock qui claque, façon Will Smith et sa cultissime patate à Chris, à la douceur, celle par exemple de Pretty Peggy. Une heure et quinze minutes donc de riffs d’une efficacité certes redoutable, qui gagnerait néanmoins à casser un peu le rythme, en proposant d’autres horizons.

Côté poils toujours, on notera aussi une perte capillaire drastique pour Andrew, qui aborda longtemps son épaisse crinière ondulée comme signature. Et l’apparition d’une nouvelle moustache particulièrement garnie parmi la meute, dont, franchement, on taira le nom, à la batterie. Non qu’il s’agisse d’un dossier top secret. Simplement que Wolfmother était sur scène hier soir avec un nouveau line-up. Ecore. Au bas mot, le huit millième qu’on connaisse au groupe, hormis Andrew Stockdale, fondateur du combo. Les autres… n’essayez pas de suivre. D’ici à la fin du papier, Andrew se sera déjà certainement passé des services de l’un de ses deux louveteaux.

Des changements à répétition non sans conséquence faut-il bien avouer. Avec des départs qui pèsent parfois lourd sur les morceaux. Particulièrement celui de Ian Peres, qui assura la basse et surtout l’orgue pour le groupe entre 2009 et 2018. La touche essentielle pour des titres majeurs, dont Gypsy Caravan, nettement moins percutants sans clavier. Bémol qui nous chagrina déjà passablement en 2024, lors du passage de Wolfmother par la Rocklette (Palp Festival).

Côté Satan

Soirée rock qui tape fort, mention aussi pour l’ouverture assurée par les Lausannois de Hey Satan. Aussi en power trio guitare-basse-batterie, pour déverser leurs savoureuses notes stoner. Ce genre dur, lourd et au tempo souvent lent, teinté desert rock, que le groupe lançait avec Fallon City Messiah, premier titre de leur album paru en 2017. Un groupe rare sur scène, qu’on aime retrouver pour sa rage rock rugueuse. Le tout délivré par de grands connaisseurs du genre, avec, parmi ces sataniques comparses, la grande plume de la culture signée ‘24 heures’, aka François Barras (guitare et chant), et son pendant radiophonique côté ‘Couleur 3’ Frank Matter (batterie).

Un set court faut-il bien constater, une trentaine de minutes à notre plus grand regret, qui s’achevaient en revanche sur une belle annonce: celle d’un nouvel album à paraître l’an prochain. Avec deux titres joués hier aux Docks pour clore le show d’ouverture.


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