
Wolfmother croquait hier une poignée de brebis égarées au col du Lein, en Valais, dans le cadre d’une épique Rocklette.
Le Valais et le loup, c’est électrique à coup sûr. Il fallait donc s’attendre à ce que les esprits s’échauffent hier après-midi du côté du col du Lein avec Wolmother et sa meute, rappliquée depuis Byron Bay, sur la côte Est de l’Australie. Mais les centaines de mains tendues, index et auriculaires pointés vers les cieux, donnaient une impression de Landsgemeinde rock validant haut et fort la présence d’Andrew Stockdale, tous crocs dehors, dans les Alpes valaisannes.
Après-midi rock épique, on la doit au cadre si spécial de la Rocklette, les concerts en altitude signés PALP festival. Un concept simple mais diablement efficace : un lieu hors de tout, un décor somptueux, le sol pour scène, un public restreint au plus près des artistes et de la raclette à gogo. L’aspect anti-écolo de la chose mis à part, on adore !
Surtout avec un groupe majeur, de l’acabit de Wolfmother qui y hurlait ses meilleurs tubes, de Woman à Joker & the Thief, en passant par Gypsy Caravan (notre pref de longue date) ou Victorious. Comme toujours avec le trio, pas de grandiloquence, « juste » un concert rock dans la plus pure tradition. Le tout axé sur Stockdale, chanteur, guitariste et fondateur de Wolfmother au début des années 2000. On passera sur les deux membres qui l’accompagnent depuis 2023, très bons musiciens au demeurant qui, si l’on considère les nombreux changements au sein du line up, pourraient bien, comme tous leurs prédécesseurs, être débarqués rapidement de la meute.
Seule ombre au tableau d’ailleurs hier, une puissance qu’on retrouvait moins sur certains titres pourtant plus efficaces que des loups en chasse groupée. Gypsy Caravan par exemple qui perd de sa superbe sans la densité de son de l’orgue de Ian Peres. Comme la plupart des titres issus de « Victorious », quatrième album de Wolfmother sorti en 2016.
N’en demeure pas moins un concert cosmique à souhait, histoire de se faire palper l’œuf par un combo qui a multiplié les coups de griffes, pour mieux faire craquer la coquille d’une plaine habituellement vide et la remplir d’une déferlante Rocklette particulièrement savoureuse. Un instant valaisan gravé dans nos cœurs, avancera-t-on… à pas de loup !

