Paléo mise sur des valeurs sûres pour clore son édition 2023

Clap de fin pour Paléo 2023, qui termine sur des notes populairement savoureuses. David Trotta © PLANS CULTES.

Avec Aliose, Franz Ferdinand et Indochine, Paléo dit au revoir à son public de la plus belle des manières. Critique.

David Trotta

Dimanche à Paléo, c’est un moment spécial. Le dernier jour, les dernières notes. L’essai qu’il faut transformer. C’est une ambiance à part avec, souvent, les familles et des têtes blondes à n’en plus finir sur la plaine de l’Asse. Alors, en termes de programmation, mieux vaut assurer, qu’elle s’adresse autant aux petits qu’aux grands.

Pour remplir la délicate mission, éviter des artistes trop clivants, une Rosalía pré-enregistrée pour un format selfie grandeur nature, a-t-on pu lire partout. Ou une Aya Nakamura qui avait visiblement le « pookie dans l’side ». Précisons : aucune idée du sens de cette phrase et franchement, on n’en a strictement rien à péter. Juste envie de la placer une fois dans un texte. Hier donc, dernière journée de Paléo édition 2023, les clefs ont très intelligemment été confiées à Aliose, Franz Ferdinand et Indochine. Alors oui, Bibi est boomer. Et Bibi l’assume. Complètement.

Aliose en premier, du côté de Véga. La touche suisse. Mieux encore, des ultra-locaux, avec une pop douce et envoûtante, des chansons à texte, folk et mélodieuses. De quoi proposer un concert familial et rassembleur. Un de ces groupes qui réunit parents et enfants le temps d’un concert où règne une certaine intimité. Musicalement différent, il rappelle l’excellente performance de Bigflo et Oli, sur la grande scène vendredi soir. Des artistes qui veulent vous rendre heureux. Un côté famille, sur scène aussi. Avec Bigflo et Oli, c’était lorsque les deux frangins firent grimper le patriarche à leurs côtés. Hier, dimanche 23 juillet, c’était journée spéciale pour Aliose. L’anniversaire de leur fille de deux ans. Le duo, couple dans la vie, veut lui faire un cadeau, en musique. Même s’ils ont esquissé l’idée de lui offrir une licorne, une vraie. Alors eux aussi invitent sur scène « la famille » : Maxime Le Forestier, un très proche de Paléo, et son fils Arthur. Rien de moins.

Une heure plus tard, même endroit, place au rock très festif du combo écossais Franz Ferdinand. Un groove à part, un jeu de scène à l’ancienne, guitares derrière la tête. On ne comprend pas vraiment pourquoi. Ce n’est ni Hendrix, ni Slash, mais ça se marre. Le côté « on s’en fout, on s’amuse », qui se balade plus qu’allègrement du groupe au public. Alors, maestro, on danse !

Reste encore le feu d’artifice, quelques secondes après les dernières notes de Franz et son Ferdinand de gang. Qui laisse place au mythique Indochine s’emparer de la plaine de l’Asse, sur les coups du dernier bang. Avec Sirkis et ses acolytes, c’est encore l’effet famille. Ce groupe, plus de quarante ans d’existence, qu’on convie pour terminer les festivals, précise le frontman depuis les planches. Il y laissera d’ailleurs son sang. Effet « 20 minutes » pour dire que Sirkis a gratté un poil trop fort ses cordes et s’est égratigné un doigt, ce que tous les guitaristes expérimentent une fois ou l’autre.

N’en demeure pas moins un show que tout le monde attend pour boucler la boucle, sur des sonorités électro-new wave, des chansons (musicalement un peu toujours la même) qu’on aime scander. Autant par nostalgie que pour leur effet un peu kitsch. Mais un plaisir vrai, pur, intense et non dissimulé. Le sourire gravé sur la bobine de tout un chacun, indélébile, presque deux heures durant. La pop dans son sens le plus noble, qui s’adresse à toutes et à tous, pour une communion populaire des plus belles, dans un « putain de festival », hurlera Nico un nombre incalculable de fois, au cours de son marathon, à parcourir, encore et encore, une scène transfigurée pour l’événement. Parce que oui, Indochine, c’est l’événement. Pour preuve celles et ceux qui rechignent, depuis un bar adjacent, mais affluent sur les derniers titres, J’ai demandé à la lune et l’Aventurier, qu’ils connaissent par cœur, évidemment. Pour repartir quand le ciel n’a plus vraiment fière allure, d’un Paléo qui a l’habitude de s’occuper des cas comme ça.


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