Suite des aventures d’Arthur Fleck, le temps d’une « Folie à deux » malmenée par une romance à la triste mine. Critique.
Pas fou, ce deuxième opus consacré au Joker, l’un des plus super-méchants de l’histoire des comics. Doublement dommage, notamment parce que « Folie à deux » propose nombre de qualités qui auraient pu faire de cette suite de macabrement belles retrouvailles avec Arthur Fleck.
Deux ans après son arrestation, Arthur Fleck s’apprête à comparaître devant la justice pour ses cinq assassinats. On y retrouve la même ambiance malsaine, le même contexte, le même personnage. Auquel le premier volet nous avait fait nous attacher avec force et émotion. Le second chapitre reprend donc où tout s’était arrêté. Arthur Fleck continue de subir les mêmes sévices, les mêmes humiliations. La même folie humaine, qui conduit encore à une inéluctable empathie envers un opprimé.
Nouveaux décors toutefois, qui mettent Arthur Fleck à nouveau sous le feu des projecteurs. L’asile d’Arkham et le tribunal. Qui finiront par faire surgir le Joker des tréfonds torturés d’Arthur.
Gaga d’amour
On y retrouve aussi Joaquin Phoenix et sa folle interprétation pour le rôle. Cette fois-ci accompagné par Lady Gaga, qui campe Lee, future Harley Quinn, petite amie du Joker dans la saga Batman. Un choix qui constitue peut-être la plus grosse erreur du film. Non pas que la chanteuse s’avère particulièrement mauvaise dans le rôle de la super-méchante, bien qu’elle ne réitère de loin pas la performance largement saluée dans « A Star Is Born ». Mais parce que l’intrigue manque d’une clarté phénoménale autour de l’amour fousieunel et instantané entre les personnages. Un raté qui grossit avec l’évolution de la romance, mal amenée, mal construite et qui traverse l’entier du film.
Un film qui, avec une star de la chanson, raconte l’histoire d’amour version comédie musicale, en multipliant les tableaux sonores. Des séquences toujours moins bien introduites au gré de l’avancement de l’intrigue et qui coupent la plupart du temps le rythme. En somme beaucoup de cirque sur une kyrielle de chansons interprétées à deux, hymnes de crooners pour la plupart, grandiloquents, mais manquant de folie.
Dommage définitivement, parce que la suite montrait tous les signes d’un encore merveilleusement triste, d’une toxicité augmentée et certainement plus noire que l’opus de 2019. Qui aurait fini de nous faire aimer plus encore Arthur Fleck, mais dont les facéties du réalisateur conduisent à des longueurs usantes pour un film à la partition trop segmentée.
Âmes sensibles s’abstenir aurions-nous aimé penser. Peut-être pour le troisième chapitre ne peut-on s’empêcher de supposer sur les dernières notes.
