Avec Astérix et le Griffon, les Gaulois retrouvent l’aventure

Après une légère sortie de route, Astérix reprend le chemin des contrées encore inexplorées sur fond de créatures mythologiques.

David Trotta

Rarement partis dans les régions du grand Est, c’est bien en Europe orientale qu’une nouvelle mission conduit Astérix, Obélix et Panoramix avec Astérix et le Griffon, trente-neuvième album de la série. Sorti hier jeudi 21 octobre, il rappelle bien que les Gaulois sont mus par l’aventure. Et s’écarte donc, fort heureusement, des « comptines » pour adolescentes, telles que narrées dans La Fille de Vercingétorix.

Le pitch : Panoramix fait un rêve qui le conduit chez son ami chaman, en plein cœur des steppes de l’Est. Sur place, Cékankondine, chaman de sa tribu, fait part de ses craintes. Les Romains seraient en route pour capturer, sur ordre de César, le mythique Griffon, animal sacré de la région, mi-aigle, mi-lion avec des oreilles de cheval.

Au cours de ce périple, Astérix et ses comparses font donc la rencontre de nouveaux peuples, de l’hiver omniprésent, et aussi des régions du globe parmi les plus éloignées jamais visitées par les irréductibles, afin d’apporter leur aide à qui en a besoin. Une histoire cohérente et plutôt entraînante, comme on aime à les lire dans l’univers d’Astérix. Avec toujours les Romains et leur besoin inassouvi d’expansion, qui s’avérera, une fois encore, refroidi par l’astuce et la persévérance des Gaulois. Le tout sur les traces d’un animal de légende. Une histoire pas transcendante toutefois, mais dans les pas de la saga, qui reprend assez agréablement le modus operandi des histoires d’Astérix.

Belle performance côté dessin aussi, particulièrement chaleureux, malgré l’omniprésence du blanc avec une histoire qui se déroule de début à la fin sous la neige.

L’obsession du numérique

Malgré un retour en terres inconnues et à l’action, Astérix et le Griffon offre aussi son lot de travers des nouveaux auteurs. Notamment la surabondance depuis plusieurs épisodes des technologies contemporaines. Après un album consacré à Twitter, sans fil rouge et sans aucune logique, on retrouve dans cette nouvelle aventure des références au monde d’aujourd’hui.

C’est notamment le rencontres avec les Amazones, qu’on ne livre pas gratuitement. Ou encore des guides, appelés Scythes, spécialisés, de voyage ou de rencontre, à qui il sera par exemple demandé de rester en ligne. Sans compter le Romain Fakenius. À qui on attribue tout juste un nom, mais aucun rôle. Pareil pour les références au Covid, à travers le personnage de Klorokine, un habitant du village du chaman qui tente d’aider Panoramix dans la préparation de la potion magique, qui s’avère parfaitement inefficace. Ou des Romains qui n’en peuvent plus de se trouver aux confins du monde, et qui ne demandent qu’à être déconfinés.

Des références qui manquent clairement leur effet. Et qui rappellent aussi les tentatives d’inclure l’actualité dans les derniers albums d’Astérix. Avec pour paroxysme en 2019 La Fille de Vercingétorix, récit autour de Greta Thunberg. Sans toutefois proposer une quelconque histoire. Un fait récurrent depuis la disparition des créateurs d’origine, qui ajoute une note légèrement dissonante aux aventures d’Astérix nouvelle génération.

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