
Machine à remonter le temps hier soir au Théâtre du Léman, le temps d’une performance sixties savoureuse à souhait, élégamment et intelligemment délivrée par The Bootleg Beatles.
Si hier tous vos soucis vous semblaient lointains, c’est peut-être parce que vous vous trouviez à Genève. Non que la ville soit synonyme quelconque de bien-être ou de paix d’esprit. Loin de là. Mais parce que son Théâtre du Léman accueillait l’un des plus célèbres groupes de reprises du Fab Four : The Bootleg Beatles.
Avec un show méticuleux, le groupe, formé au début des années 1980 à Londres, proposait de revivre une époque faste, empreinte de saine nostalgie. Sur les pas des Beatles, que le Bootleg incarne avec un talent considérable, tant artistique que dans l’imitation. Sur plus de deux heures, le spectacle aura proposé des tableaux saillants et pas forcément attendus, retraçant la carrière des Beatles depuis leur explosion au début des sixties jusqu’à la parution, il y a quelques mois, de leur dernier single.
Bien au-delà d’une compilation telle qu’on les connaît, The Bootleg Beatles, d’un mimétisme bluffant se sera arrêté en 1963 avec notamment l’album « With the Beatles », 1965 et le premier concert jamais donnée dans un stade (les Beatles au Shea Stadium, en pleine beatlemania), le détour psychédélique et bariolé de 1967, le temps du « Sgt. Peppers Lonely Hearts Club Band ».
Une évolution et une complexification musicale de la pop des débuts jusqu’au son plus rock et tranchant de 1968 avec le « White Album », jusqu’au tout dernier single, publié l’an dernier, « Now And Then ». L’occasion évidemment de voir en live de très grands classiques, Twist And Shout, Help!, All You Need Is Love, Hey Jude, Helter Skelter, Come Together, mais aussi de proposer des titres plus confidentiels. Mais aussi et surtout de rendre hommage à deux protagonistes toujours dans l’ombre du duo Lennon-McCartney : George Harrison et Ringo Starr.
Deux des piliers du quatuor, le plus souvent relégués au deuxième rang. Donc l’importance s’avère pourtant essentielle à la bonne marche du tout. George Harrison pour les mélodies et l’harmonie qu’il insuffle en tant que soliste. Ringo Starr pour la stabilité d’une section rythmique épurée. Deux forces aux notes égrainées et en retrait pour servir, toujours, la sagacité d’une proposition collective.
Le tout mis en scène dans un décorum puissant, pour reproduire l’effet de chaque période parcourue, les musiciens reproduisant à la quasi perfection la gestuelle, les mimiques, les accents jusqu’au mimiques des quatre Beatles. Le temps de tableaux visuels et sonores subtilement pensés pour donner l’impression, époustouflante par moment, de passer une soirée avec The Beatles. Ou presque.

De « Revolver » à « Let it be » : c’était bien leur meilleur…….