
David Trotta © PLANS CULTES
Le duo américain foulait la Grande Scène de Paléo peu avant minuit. Devant une plaine noire de monde, particulièrement un premier rang totalement acquis à la cause.
Un chouille réducteur, évoquer le rock emo pour parler de Twenty One Pilots ? Un gros chouille. Pour un duo qui mêle kyrielle d’horizons, y compris rap et hip-hop. Et rock, assurément. Ce que les Américains ont parfaitement montré hier, peu avant minuit sur la Grande Scène de Paléo.
Mais c’est bien de là que vient le combo, ce qu’il montrait aussi avec force hier. Dans son approche musicale, à coup de grandes envolées lyriques et une voix particulièrement rauque dans le registre. Des teintes qui rappellent un certain Jared Leto, lui aussi déjà passé par la Grande Scène, en 2014, avec Thirty Seconds to Mars. La grandiloquence théâtrale du genre. Et surtout le lien mastoc avec un public, celui des premiers rangs, en effervescence totale. Qui évoque aussi des manias à n’en plus finir : celle des premières heures avec les Beatles, plus tardivement Tokio Hotel ou My Chemical Romance. Et Ce-Patriiiiiiick-Dont-On-Ne-Doit-Plus-Prononcer-Le-Nom. Une passion dévorante qui prête parfois à sourire, mais qui fait surtout foutrement du bien à voir. Hier encore, à Paléo donc.
On se surprend évidemment à entendre ces sonorités qu’on pensait d’un autre temps. Largement. Mais la scène, elle, nous rappelle combien le genre reste brûlant. Une passion dévorante pour ces artistes au cœur plein, qui n’hésitent pas à le livrer brutalement sur les planches. Comme le fit hier Twenty One Pilots. Une osmose entière, tranchant avec le Nord, qui lui se jouait bien plus au nord du site.
Vade retro
Grande invitée 2026, la Scandinavie, elle, se dévoilait côté Village du Monde. Sous ses mille facettes. À nu. Comme le firent Witch Club Satan, trio black metal norvégien. Autant dire que la foule, elle, était moindre sous le Dôme. Répartie entre fans du sous-genre, l’un des plus extrêmes dans la grande catégorie metal et passants parfois tétanisés par le style. Cliché nordique ? Un chouille, mais pas tant, pour le trio féminin et ses incantations démoniaques, son esthétique horrifique.
Mais la Scandinavie, hier à Paléo, c’était aussi la poésie viking de SKÁLD, qui retrace pour sa part le chemin des divinités nordiques en vieux norrois. Une ambiance séduisante, installée par le groupe français, pour voguer d’une bataille à l’autre, sur un vieux drakkar. Une performance elle aussi qui ne laisse pas de marbre, entre un public connaisseur, venu appareillé et apprêté en conséquence (longues tuniques et fausses cornes en guise de godets) et certains paléistes de la première heure, entendus à l’orée du Dôme, parfaitement contrits. Sans doute un chouille malmönés par une programmation moins évidente. Qui s’en allèrent vite rejoindre d’autres contrées, plus facile d’accès. Plus conventionnelles surtout.
