The Last Dinner Party: le bon plan live 2026

The Last Dinner Party – Paléo Festival 2026. David Trotta © PLANS CULTES

Paléo débranche ce soir, après une édition 2026 qui aura attiré, comme de coutume, ses 250’000 festivaliers. Dont, cette année, sa huit millionième. L’occasion de consacrer quelques derniers mots à la performance de The Last Dinner Party qui, elle, nous aura particulièrement branché. Critique.

David Trotta

Il y a de ces groupes dont on entend parler au moment du dévoilement d’une programmation. Qu’on se le dise franchement: impossible de tout connaître dès le départ. Pour PLANS CULTES, l’inconnu au bataillon rock, c’était bien The Last Dinner Party, jusqu’au mardi 17 mars, date de sortie de la prog Paléo 2026. Direction donc YouTube, pour écouter le jeune groupe anglais, 100% féminin. Premier titre, le plus connu: Nothing Matters. On a l’impression d’avoir entendu le refrain, sans certitude.

Quelques recherches plus tard, on découvre un déjà solide palmarès. En 2024, année de sortie du premier album (chez Island Records, excusez du peu): Coachella, Primevera, Glastonburry, Lollapalooza, Rock en Seine, Reading. 2025: Garorock, Eurockèennes, Sziget, Le Trianon. Plus tôt cette année: Razzmatazz, Le Zénith, Isle of Wight, Rock Werchter, Mad Cool. Côté prix: star montante aux Rolling Stone UK Awards 2023 et Brit Awards 2024. Puis meilleur nouvel artiste aux Brit Awards 2025. Excusez, encore, du peu.

Baroque N’ Roll

Il suffisait d’écouter quelques titres pour vouloir y prêter une oreille, directement sur place. Mercredi 22 juillet, sur la Grande Scène. Le pédigrée, désormais connu, achèvera de convaincre. Même si, au fond et contrairement aux mastodontes dont on attend tout, Gorillaz et The Cure en première ligne, on ne se fait pas d’idée précise. Si ce n’est celle de juger sur pièce.

Juger sur pièce donc, c’est découvrir un groupe qui entre sur scène avec manière et style. Un verre de rouge à la main pour Aurora Nishevci (clavier), première à fouler les planches. Suivie par le reste des musiciennes, dans un look baroque alléchant. Derrière, le nom du groupe estampillé en très grand. Puis, enfin, Abigail Morris, chanteuse, dans un genre penchant pin-up. Un melting pot séduisant, qui donne son caractère à The Last Dinner Party.

Un caractère d’ailleurs bien trempé, pour un combo taillé pour la scène, que les musiciennes s’accaparent sans sourciller. À déverser une pop dansante, saupoudrée de rock abondamment théâtral. Un tout qui sonne bien plus fort que sur disque, une distorsion des guitares bien plus présente, conférant à l’ensemble cette sonorité acre qui nous colle sur la plaine. Un côté comédie musicale, qui rappelle des scènes à la ‘Grease’, particulièrement Rizzo qui moque Sandy. Mais aussi quelques grands noms du rock. Forcément Queen, un jeu de guitare, pour la soliste Emily Roberts, qui évoque celui de Sir Brian May. Ces morceaux qu’on prendrait pour décousus, façon opéra rock, ficelés avec une inénarrable sagacité. Parmi les recommandations: Agnus Dei ou This is the Killer Speaking.

On n’ira pas jusqu’à dire envoutante, contrairement à ce qui fut déclaré au moment d’annoncer l’arrivée du groupe sur scène. Mais la performance de The Last Dinner Party se sera révélée, a minima, foutrement captivante. Une révélation live fascinante grâce aux festivals et leur sacrosainte plus-value: permettre au quidam un minimum curieux, se baladant sur l’Assevenue, le cœur ouvert à l’inconnu, d’y découvrir des groupes qu’on sera particulièrement enchantés de revoir, ici ou là, le moment venu.

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