
Robert Smith et les siens prenaient une nouvelle fois leurs quartiers sur la Grande Scène de Paléo hier soir. Concert toujours solide, comme la voix de leur illustre leader. Critique.
Des bruits d’orage s’échappent des enceintes. Il fait nuit noire. Les spots simulent des éclairs. Le temps s’installe. Long pour certains. Puis vint le groupe, aux alentours de 23h25, sur la plaine de l’Asse. The Cure, l’icône new wave.
Comme en 2019, The Cure foule la Grande Scène de Paléo avec une arrogante simplicité. Les musiciens démarrent. Robert Smith, lui, déambule. Le regard au loin. Pas un bonjour à la foule. Ce que d’aucuns lui reprochent. Encore et toujours. Robert Smith, lui, est focus. Remonte ses manches. Encore. Puis prend le micro, entonne Alone, du dernier abum, ‘Songs of a Lost World’ sorti en 2024. « This is the end », répète-t-il. Encore. Et encore. Ce n’est pourtant que le début.
Le début d’un show faste et puissant. Par un groupe faste et puissant, qui ne perd rien de sa stature, de sa superbe, malgré le maquillage toujours plus dégoulinant de Robert. Smith s’en moque, sans doute. Le groupe aussi. À dérouler sa set lit, presque deux heures durant. Une musique dense, autant que la voix de Robert Smith, ample et solide, aux rauques envolées qui englobent l’Asse comme peu d’autres.
Un concert savoureux. Très. Un mélange new wave et rock, qui entremêle titres courts et dansants, teintés parfois funk, new wave, et sublimes échanges instrumentaux, qui laissent toute leur place aux ambiances parfois de fin du monde. Comme le firent aussi, quelques heures plus tôt, du côté de Véga, les Young Gods. Des riffs qui tournent, amplement. Une section rythmique intransigeante, sur laquelle se posent des guitares tantôt hurlantes, tantôt fuyantes. La mécanique est huilée. Très. De celles qui transpercent les foules. Laissant au passage un quelque chose d’éternel.
La performance rappelle alors celle du concert de la veille, même heure, même scène. Twenty One Pilots, plus généreux encore. Acclamés aussi. Mais dont The Cure rend les limites criantes. Celles d’un duo qui débarque sur fond de bandes enregistrées, hors duo. En bande, The Cure distillent chacune des notes de la soirée. En live. On prend. Un max. Et on en reprendrait bien encore, quand le groupe quitte la scène au petit matin. La grosse fatigue des lendemains, grâce à Robert et ses musiciens, faut-il bien avouer, on en a cure.
