Smells Like Nirvana Spirit

Gossip – Venoge Festival 2024. David Trotta © PLANS CULTES

De Gossip samedi au Venoge Festival en passant par Patti Smith à Paléo fin juillet, les scènes romandes vibrent encore d’une nirvanesque lueur.

David Trotta

La soirée de clôture du Venoge Festival, samedi à Penthaz, marquait le grand retour sous nos latitudes du combo Gossip après plus de dix ans d’absence du groupe de la scène musicale. Sur la Riverstage, la troupe menée par la très charismatique Beth Ditto aura fait fi du ciel capricieux pour donner un concert éclatant et bariolé, à l’image de la truculente formation américaine.

Naviguant dans ses eaux alternatives fétiches teintées d’un folklore disco hypnotique, Gossip aura surtout ravi pour l’exubérance vocale de sa leader. C’est nécessairement le timbre unique de Beth Ditto qui se sera démarqué tout au long du show. Aussi quand, à la surpise générale, Gossip lance en fin de set Standing in the Way of Control, qui se mue à mi-parcours en un classique qui changea profondément la face musicale du monde il y a à peine plus de trente ans. Avec Smells Like Teen Spirit, l’hymne de Nirvana, entonné à quelques jours d’une nouvelle qui anime le microcosme médiatique rock : la sortie de l’ombre de l’adolescent aux origines de Foo Fighters peu après le suicide de Kurt Cobain, tombé sur la route d’un Dave Grohl exilé sur la côte Ouest de l’Irlande.

Patti Smith et Shaka Ponk

À entendre Beth Ditto reprendre ce classique, suivi du très stoogien I Wanna Be Your Dog ainsi que quelques notes de Welcome to the Jungle des Guns N’ Roses, juste avant de terminer le set sur son tube Heavy Cross, et sans omettre le t-shirt du guitariste Nathan Howdeshell aux couleurs de Motörhead, on retourne forcément du côté de Paléo un mois plus tôt. Sur la Grande Scène cette fois-ci, avec une Patti Smith qui elle aussi déversait sur la Plaine de l’Asse l’hymne de toute une génération. Un cri du cœur que lançaient Cobain, Novoselic et Grohl en 1991 sur l’un des plus grands albums de tous les temps. Rock, mais pas seulement.

Un titre qu’on entendait déjà, au même endroit un an plus tôt, aussi pour la soirée d’ouverture de Paléo, cette fois-ci théâtralement délivré par Shaka Ponk dans une grandiloquence majestueuse, pour rappeler sans doute la stratosphérique démesure de Smells Like Teen Spirit. Ou peut-être plus simplement pour garder entier l’esprit d’une chanson aux relents d’une révolte qui s’insinuait dans les tripes d’une génération entière. Une conviction tenace qui s’affiche toujours à foison sur les innombrables t-shirts floqués Nirvana, arborés fièrement par pléthore de festivalières et festivaliers. Samedi encore au Venoge. Dont le nôtre, trente ans et quelques mois après que son génial créateur décidait de s’ôter la vie. Un hommage que rendent dignement toutes celles et tous ceux qui décident d’afficher haut les couleurs de leurs héros. Sur ou hors scène. Et un clin d’œil à tous ceux qu’adressaient en leur temps Cobain, Novoselic et Grohl sous le feu des projecteurs, tant à leurs idoles qu’à ces groupes sur qui ils tentaient d’attirer un peu de lumière, pour mieux mettre sur le devant de la scène médiatique leurs homologues en mal d’admirateurs.


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