
Slash et son gang ont fait une halte remarquée hier au Hallenstadion dans le cadre de leur tournée européenne. Pour un grand moment rock, comme les plus grands savent si bien le faire. Critique.
Faire front commun. C’est désormais la marque bien rodée que proposait hier soir encore Slash pour son passage par Zurich, au Hallenstadion, en compagnie de Myles Kennedy et leurs Conspirators. Des musiciens bouillants venus déverser certains de leurs meilleurs titres, issus des quatre opus enregistrés par le combo. Du plus récent River is Rising (2022) en ouverture, jusqu’à Anastasia (2012) pour clore le set.
Grande différence avec Mammoth WVH en première partie, groupe de Wolfgang Van Halen (fils de vous vous doutez bien qui), Slash préfère un plateau uni, avec des musiciens tous en devant de scène. Le collectif avant toute chose, pour servir de purs morceaux taillés dans le rock. Avec un soliste dans la plus pure tradition, au service d’un tout. Malgré son étiquette de superstar. La musique avant, les égos après. Une attitude qui permet de proposer au public un véritable groupe de rock tel qu’on les aime, où chacun y a sa place et son rôle à jouer.
Ainsi donc plus de deux heures durant, qui auront vu défiler des signatures du groupe, dont Halo, Too Far Gone ou encore World on Fire. Sans oublier quelques « reprises », issues de la longue discographie de Slash. Comme Always on the Run de Kravitz, dont le solo est assuré par Slash, ou encore Doctor Alibi ainsi que Back From Cali, tirés du premier album solo du guitariste. Des reprises pour la plupart assurées au chant par Todd Kerns, bassiste et deuxième voix du groupe, d’une maîtrise implacable, comme à son habitude. Des qualités qui complètent avec beaucoup d’intelligence l’apparente candeur vocale de Myles Kennedy. Le manque de présence et de puissance, disent d’aucuns.
Côté jeu de scène, du classique là encore. Mention spéciale pour Kerns, qu’on retrouve sur tous les fronts, le sourire scotché aux lèvres, à alpaguer sans cesse la foule. Et Slash, qui court moins que jadis. Mais qui continue de tourner, de sauter, de rire avec son gang. À la fois maître de cérémonie (après tout, c’est bien pour lui qu’on se déplace), mais plus important encore : membre du groupe. On peste quand le guitariste est dos au public, mais on salue le message. Celui d’une communion sur scène, pour mieux céléber, à cinq, la grand-messe rock à laquelle tout le monde est venu participer. De quoi revenir, Back From Züri, avec des moments uniques, qu’on appréciera se remémorer sous forme de Slashbacks.
