
Venu défendre aux Docks ses deux opus sortis cette année, le combo américain délivre un concert d’une rare élégance rock. Critique.
Osciller entre ténèbres et lumières célestes. C’est le cap qu’a choisi de suivre Rival Sons cette année le temps de deux opus, « Darkfighter » sorti en juin, « Lightbringer » il y a seulement une semaine. Deux disques que les Américains défendent actuellement sur scène, dont un passage hier soir par Les Docks.
Projet ambitieux certes, il s’avère toutefois bien facile à relever pour un groupe parfaitement taillé dans le rock. De ses aspérités tranchantes aux joyaux polis par la rencontre avec les éléments. À lâcher les fauves dès son arrivée sur scène, entre riffs rageurs et envolées lyriques. Ceux de Scott Holiday, celles de Jay Buchanan. Deux frères rivaux ? Diantre, non ! Simplement l’un de ces duos de choc, d’une puissance volcanique, capable d’arrêter la course du temps.
Rivals Sons, c’est certes des morceaux qui remuent les tripes, Mirrors ou Electric Man, dès l’ouverture du show. Mais c’est aussi une épopée rock qui impose ses mille et une tonalités, dans la douceur feutrée apparente d’une guitare acoustique. Quand Jay Buchanan lance Darkfighter par exemple, plus loin Feral Roots. Deux pépites de la discographie du groupe. Deux morceaux qui installent, chacun à sa manière, un décor aux mille couleurs musicales. Deux tableaux sonores que le groupe étire pour mieux saisir les âmes alentours. Attirer le badaud par quelques notes rondes et l’entraîner vers une odyssée chevaleresque. Avec des mélodies grandiloquentes qui déferlent en un torrent que personne ne sait arrêter. Que personne ne veut stopper, tant l’élégance du voyage nous emporte des plus profondes abîmes jusqu’à l’antichambre des anges.
Un vol qui rappelle celui d’Icare, au cours duquel on craint de finir par se brûler les ailes. Mais à la maestria folle, qui nous aura fait virevolter à travers un dédale dont on sort serein, apaisé et émerveillé.
