Quand Bruce Dickinson s’ennuyait à Lausanne

Bruce Dickinson intègre Iron Maiden en 1981. David Trotta © PLANS CULTES

Le 13 décembre 1986, Iron Maiden était de passage dans la capitale vaudoise dans le cadre de la tournée de l’album « Somewhere in Time ».

David Trotta

On a souvent tendance à l’oublier aujourd’hui, mais il fut un temps où Lausanne, capitale vaudoise et quatrième plus grande ville de Suisse, attirait les pontes de la musique. Une époque qui a vu défiler les plus grandes stars de la planète. Parmi lesquelles Michael Jackson, Prince, U2, Pink Floyd. Il était une fois.

Dans la catégorie rock dur, citons aussi Iron Maiden, fer de lance du mouvement heavy depuis le début des années 1980. À Lausanne, c’est plus précisément dans la « Halle des fêtes Beaulieu » que le combo rock britannique posait ses amplis, le 13 décembre 1986, dans le cadre de son « Somewhere on Tour 86/87 », tournée faisant suite à la parution fin septembre cette même année de « Somewhere in Time », son sixième album. Aussi le plus important alors, à en croire Bruce Dickinson, chanteur du groupe, dans son autobiographie traduite cet été. Un concert dont on trouve de rares traces en ligne. Parmi lesquelles le billet d’entrée (voir ci-dessous), indiquant entre autres la présence du groupe WASP en première partie, pour un prix total de 26 francs. Ou encore un bootleg du concert, enregistré vraisemblablement par un spectateur avec les moyens du bord.

Un réveil à Venise

Une occasion d’en connaître un peu plus sur Maiden et son chanteur, qui cumule différentes casquettes. Dont celles de pilote de ligne ou encore escrimeur de haut niveau. Contrairement à pléthore d’ouvrages du genre, on ne baigne ni dans le sexe, ni dans la drogue, bien que des substances y soient présentes. Avec un CV digne d’un premier de classe, le chanteur d’Iron Maiden était donc attendu au tournant. Tout porte à croire que l’autobiographique de Dickinson, féru de littérature et d’histoire, proposerait une profondeur supplémentaire comparativement à celles d’autres rock star.

Intéressant certes pour tout fan de rock et de son histoire, les espoirs sont toutefois à mettre de côté. On y apprend bien pléthore d’anecdotes, un peu de la vie personnelle du chanteur, son enfance, son goût pour le théâtre puis le chant. Et, évidemment, le rock. Résultat plutôt sympa, il reste toutefois à la surface des choses, plus sous forme d’une compilation de faits d’une vie juxtaposés. Transpire évidemment l’amour du musicien pour les voyages, notamment ceux en train. « Nous utilisions toujours des trains de nuit sur les tournées, lorsque c’était possible. Avant Google, je ne me déplaçais jamais sans un exemplaire de l’European Rail Timetable publié par Thomas Cook », explique ainsi Dickinson.

Bien lui en a pris, dans de nombreuses situations. Comme ce soir de décembre 1986 où Bruce Dickinson s’ennuie largement de sa soirée en terres vaudoises. « Un soir, à Lausanne, après un concert, les discussions au bar devenaient franchement pénibles. J’ai jeté un rapide coup d’œil à mon European Rail Timetable et vu qu’il y avait un train de nuit pour Venise. Cela m’avait paru être un lieu agréable pour se réveiller. J’adorais voyager léger avec juste un sac à dos », confie le chanteur.

Un réflexe qu’il gardera plus tard avec les avions, même s’il confesse leur préférer le rail. « Je préférais prendre le train parce que c’est un moyen de transport qui vous laisse le temps de réfléchir dans la paix et la tranquillité. Une chose que les trains modernes offrent, hélas, de moins en moins », déplore enfin Bruce Dickinson. Cap donc sur l’Italie plutôt que la morosité lausannoise, pour la suite de la tournée qui s’arrêtait à Turin deux jours après l’étape vaudoise.

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