Plus qu’un chapitre, Sum 41 acte la fin d’une époque dorée

Sum 41 – Arena de Genève 2024. David Trotta © PLANS CULTES

Les Canadiens se produisaient jeudi soir à l’Arena de Genève dans le cadre de leur tournée d’adieu. Un concert à la hauteur de la marque qu’ils imprégnaient au début des années 2000 sur toute une génération.

David Trotta

Grande première du côté de Genève jeudi soir, pour l’avant-dernière date européenne de Sum 41, qui s’arrêtera samedi à Paris, avant de s’envoler pour l’Australie. Puis, en janvier, de terminer une longue aventure sur ses terres. Le Canada, où le combo pop punk tirera sa révérence. Définitivement ? À voir. C’est, en tous les cas, le projet.

Du côté de Genève donc, c’est une Arena pleine à crocker qui disait au revoir à l’une des grandes icônes du renouveau rock des années 2000. Celui lancé au tournant du siècle par une poignée d’ados, du Canada aux États-Unis, qui remettaient au goût du jour les gloires punk, metal et grunge, en saupoudrant le tout d’une pincée pop. Peu nombreux, ils firent beaucoup, beaucoup de bruit. En première ligne : The Offspring, Green Day, Blink-182. Et, bien sûr, Sum 41.

Alors, avant de démarrer le show, quand les techniciens s’affairent à mettre la scène en place, foulée quelques instants plus tôt par Neck Deep, c’est sur cette bande, typée début 2000, que le public de l’Arena attend, avec une émotion palpable, l’arrivée de Deryck Whibley, Dave « Brownsound » Baksh, Jason McCaslin. Le noyau dur du groupe qui, en 2001 notamment et en compagnie de Steve Jocz alors, s’apprêtait à déferler à la radio, dans les festivals ainsi qu’au cinéma. Leur grand fait d’arme, « All Killer No Filler », les propulsera dans la cour des grands. Un album fondateur, avec les deux grands tubes de Sum 41 : Fat Lip et In Too Deep.

Passeurs de témoin

Comme toujours, les grands hymnes, à Genève, seront précieusement gardés pour la fin de deux heures de show. Deux heures d’un intense retour à l’adolescence dorée. Celle qui promettait tous les possibles, avec un dernier été à partager entre potes. Conscients que le suivant, tout aura changé. Une atmosphère d’insouciance béate donc, qui se sera largement imprégnée entre les murs de l’Arena. Avec un groupe qui fera défiler ses tubes, du récent « Heaven :x: Hell », en proposant le titre éponyme, jusqu’à Motivation en ouverture de set, issu du premier disque. Sans oublier No Brains ou Still Waiting (2002), We’re All To Blame, Some Say ou Noots (2004).

Et sans oublier non plus, pour Sum 41, d’afficher clairement ses couleurs. L’importance du heavy metal pour le groupe, qu’on perçoit déjà sur « All Killer No Filler » avec Pain for Pleasure, plus encore avec The Bitter End sur « Chuck ». Des titres qui ne seront pas retenus pour Genève. En lieu et place, Sum 41 préfère rendre hommage à ses propres héros. Slayer, en reprenant son Raining Blood, puis Master of Puppets de Metallica droit derrière, en milieu de show. Une touche spécifique aux Canadiens, bien plus qu’à leurs homologues, qui permettait aussi à tous leurs jeunes fans d’alors, d’emprunter le chemin vers un rock fondateur, plus musclé. L’un de ces groupes à l’aura spéciale, qui marque autant par ses qualités intrinsèques que par le rôle de passeur de témoin qu’il s’est, consciemment ou non, donné.

Alors à Genève, quand Sum 41 tire la prise le temps de son ultime date en Suisse, il ferme aussi le rideau d’une période faste pour pléthore d’anciens jeunes pas franchement punk, qui le revendiquaient toutefois. Et à qui le groupe aura donné une dernière fois le sourire béat retrouvé d’une adolescence merveilleuse. Celui d’un été qui se prolonge, dont on sait qu’il ne durera pas, mais dont on profite du moindre instant.

En images

Laisser un commentaire