
La rock star des critiques rock made in France présentait hier soir à Lausanne son spectacle « Un enfant du rock raconte ». Avec la sincérité et l’espièglerie d’un sale gosse qui récite sa poésie, sauce rock.
Il voulait l’appeler « Le beat de Mick ». Parce qu’on lui reprochait, comme à tant d’autres, de vouloir « sucer Mick ». Jagger, évidemment. Ce sera finalement « Un enfant du rock raconte ». Un nom de show qui lui va comme un gant. Ou une paire de lunettes à soleil vissées sur la trombine. Et le perfecto de rigueur. Lui, c’est Philippe Manœuvre, évidemment.
Le grand spécialiste français du rock foule désormais les planches pour narrer des moments forts de sa carrière, étalée entre RTL, le magazine Rock & Folk dont il fut le rédacteur en chef durant plus de vingt ans, Libération. Pour n’en citer que quelques-uns. Sans omettre, bien sûr, l’émission culte Les Enfants du Rock. Un show de deux heures où Philman, toujours enfant à 71 ans et toujours rock, partage une série de ses rencontres. Des Who pour qui il fut interprète en France, à Keith Richards, le plus stone de Stones. En passant par deux ex-Beatles, Ringo et Paul, ratant de quelques centimètres Lennon. À New York à l’été 1980, en compagnie du Téléphone Bertignac. Un Gainsbourg devenant Gainsbarre.
Le rock, ou plutôt la révolution punk, avec les Clash, les Pistols ou Nina Hagen. Des noms qui résonnent. Fort. Des légendes d’autres sphères. Dont Madonna, Michael Jackson, James Brown interviewé chez son dentiste en guise d’escapade carcérale. Ou Prince, qu’il n’interviewera pas, lors de sa tournée Purple Rain. Le Kid de Minneapolis lui tendant un piège dans lequel Manœuvre « fonce tête baissée ».
En live
Côté récits, on en connaît déjà pléthore. Manœuvre en ayant couché une crockée dans ses autobiographies. Notamment « Rock », publié en 2018. N’en demeure pas moins un show alléchant. Parce qu’une bonne anecdote se raconte souvent. Surtout quand on la raconte bien. À la manière de Manœuvre, son côté sale gosse. Mais honnête. Comme le rock qu’il raconte. Et surtout, en musique. Avec Yarol Poupaud, guitariste notamment de FFF et de Johnny Hallyday, de qui il fut aussi directeur musical. Le musicien accompagnant les récits par les riffs iconiques qui ont fait le rock. Celui que narre le journaliste, mais pas que.
Ambiance rock donc, dans sa plus pure tradition. Simple, désinvolte, décalée et rugueuse. Avec un spécialiste à la manœuvre.
