Neil Young: l’ouragan rock sous la pluie de Montreux

Neil Young – Montreux Jazz Festival 2025. David Trotta © PLANS CULTES

Le Loner canadien s’imposait hier soir au Montreux Jazz tel le parrain grunge qui défie le temps et les éléments. Critique.

David Trotta

« Rock and roll will never die ». Un motto devenu culte, depuis qu’il fut gravé dans les sillons de « Rust Never Sleeps » et son classique Hey Hey, My My, en 1979 déjà. Un étendard de liberté et d’espoir, qu’affichait hier soir encore avec force et conviction Neil Young, présent à Montreux avec ses Chrome Hearts.

Présage d’une soirée sans fioritures, malgré Neil qui prend son temps, le tube est délivré à sec, dès les premiers titres, peu après Ambulance Blues et le sublime Cowgirl in the Sand. L’effet Young opère.

L’effet Young, dimanche soir à Montreux, ce sera 2h10 d’une soirée faste et particulièrement électrique. Une première heure densément grunge, ou le quintette de Neil fera défiler sans transitions, ni discours, Cinammon Girl, Fuckin’ Up ou Southern Man. La voix qui déraille un peu sur les aigus de ce dernier. De quoi baisser l’intensité à l’heure de jeu, pour une parenthèse plus folk. À commencer par The Needle And The Damage Done, pour un poétique seul en scène. Et d’enchaîner avec Harvest Moon et le très country Daddy Went Walking.

Keep on rockin’
La parenthèse se fermera après une vingtaine de minutes qui laissaient poindre une baisse de régime, avant que le combo ne reprenne la course rock dans laquelle il s’était lancé. Pour repartir sur des hits, toujours. Dont Sun Green, Love to Burn et Like a Hurricane. L’incantation céleste qui fera cesser la pluie. Brillant !

Rien de mieux pour amorcer la fin de soirée et épaissir encore la sauce mijotée par Neil Young, le bientôt octogénaire qui partagera encore un très savoureux Old Man. Avant de quitter une première fois la scène peu avant 22h. Et revenir lui asséner le coup de grâce, sur Throw Your Hatred Down et le tonitruant Rockin’ in the Free World.

Un monde libre certes, pour lequel Neil Young n’adressera étonnamment aucun message. Malgré des indices laissant penser que le libre penseur transformerait Montreux en tribune publique. Un drapeau américain sur scène, « Love Earth » floqués en grand, derrière, pour accompagner le décor. Que nenni. Du rock et encore du rock, jusqu’à plus soif, en guise de sous-texte. Pour mieux prouver au monde peut-être que seule la musique se veut capable d’adoucir les mœurs. Et d’apaiser les cœurs, qu’ils soient de pierre ou d’or.

2 Comments on “Neil Young: l’ouragan rock sous la pluie de Montreux”

  1. J’ai connu Neil Young en 1975 car des copains écoutaient en boucle Harvest (sorti en 72 et récompensé par le Grand Prix de l’Académie Charles Cros). Après, je l’écoutais volontiers avec Crosby et Nash (Déjà vu – superbe album). Autant dire que je ne suis venu que plus tard au Neil Young « rock-grunge ». Hier, les titres Beautiful Bluebird et Ordinary People (mais qui dure 18 mn et avec des cuivres……) me manquaient pour me combler. Sacré bonhomme en tout cas.

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