L’IGUANE ET LA REINE

Loin du punk rageur d’avec les Stooges, Iggy Pop s’est entouré de l’un des hommes forts du rock pour proposer un Post Pop Depression aux saveurs étonnantes.

David Trotta

Dès son annonce, la promesse faite par Iggy Pop avait séduit. Celle d’arriver en 2016 avec l’album rock de l’année. Car l’Iguane a décidé de frapper fort en faisant venir l’un des compositeurs les plus créatifs de ces dernières années. C’est bien avec Josh Homme, guitare et voix des Queens of the Stone Age, également l’un des Eagles of Death Metal, qu’Iggy a décidé de composer Post Pop Depression. A souligner évidemment la présence de Dean Ferita, notamment clavier de Queens of the Stone Age et The Dead Weather, et Matt Helders, batteur des Arctic Monkeys.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces différents univers se ressentent dans la plus grande partie de Post Pop Depression. Bien qu’un peu lent au démarrage, l’album, sorti vendredi, prend toute son ampleur quand les mondes de l’Iguane et de la Reine se mêlent.

L’heure arrivée, plusieurs pépites s’enchaînent. A commencer par Vulture. Ambiance épurée. Une guitare acoustique soutenue par la batterie égraine un riff qui rappelle un certain Billy Jean. Puis arrive la voix profonde et rauque que l’on connaît d’Iggy. Et c’est le désert brûlant qui éclate, avec les cloches, les guitares électriques, les échos qui s’envolent tels des vautours attendant le dernier souffle de leur proie.

Mais c’est aussi un Iggy Pop quelque peu différent que l’on rencontre dans ce nouvel opus. Dans un rock plus contemporain, et surtout marqué par le talent de composition de Homme, également producteur de l’ensemble. Par exemple avec Sunday, aussi proche des Queens of the Stone Age que de la pop newyorkaise des années 1970.

Dans sa globalité, Post Pop Depression réussit son pari. Assez fou somme toute faut-il dire. Bientôt septuagénaire, l’Iguane garde la tête haute, bombe le torse et lâche une voix qui n’est visiblement pas près de se briser. Malgré une pochette qui aurait pu laisser présager du contraire, puisqu’Iggy est avachi au milieu de ses nouveaux acolytes. Ceux-ci, d’ailleurs, piliers auprès desquels Iggy Pop est adossé, ont rivalisé de performance et de créativité au long des titres. Notamment en imposant des changements de rythmes parfois inattendus sans toutefois se perdre. La fin de la complainte German Days pour preuve.

Bref. Après plusieurs albums qui réunissaient de nombreuses têtes d’affiches pour des résultats peu convaincants, voire franchement mauvais, ce nouveau supergroupe, même s’il ne se présente pas comme tel, offre une belle expérience rock. Pour le moins l’une des meilleures de ce début d’année, et qui laisse présager du bon pour la suite des sorties annoncées pour 2016.

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