
Sus au développement personnel dans « L’Iris blanc », dernière aventure dans laquelle s’embarque le village d’Astérix.
Astérix est de retour, par Toutatis ! Accompagné, encore et toujours, de ses éternels acolytes, il se frotte dans « l’Iris blanc » aux mécanismes néfastes du développement personnel.
Aventure particulièrement contemporaine, elle met en scène le vilain Vicévertus, médecin-chef des armées de César, chantre de la pensée positive, qui tente à la fois de remotiver les troupes de Babaorum, tout en faisant baisser la garde du village des irréductibles gaulois. Rappel de « La Zizanie », du « Devin » ou du film « Astérix et Obélix contre César », l’intrigue plonge au cœur d’un village transfiguré par le passage du Romain. Déferle alors un flot incessant de dictons aussi futiles que les milliards d’influenceuses et influenceurs de pacotille et leurs injonctions à une vie stérilement creuse. Fini le poisson pas frais, au passé les gueuletons, rangées les bagarres. Place à la (fausse) bienveillance, qui fait bien plus de dégâts qu’une réelle baffe !
Avec beaucoup d’humour et un brin de moquerie, « l’Iris blanc », signé Fabcaro pour une très grande première, accompagné par Didier Conrad au dessin, dépeint avec goût la vacuité des mièvres slogans qui inondent nos vies, prônant les joies fictionnelles dégénérées par les filtres, numériques ou non. C’était sans compter sur la méfiance d’Astérix et de Panoramix, qui ne voient pas d’un bon œil le changement radical dans le comportement de leurs amis de toujours. Encore moins la brouille entre Abraracourcix, leur chef, et Bonemine son épouse, principale victime de Vicévertus, qui conduira les guerriers du village jusqu’à Lutèce.
« Glaive lève-toi »
Dans la digne tradition des aventures d’Astérix, « l’Iris blanc » nous replonge encore dans un lot constant de clins d’œil. Musicaux avec Assurancetourix et ses reprises gauloises allant de Julie Pietri à Patrick Bruel, en passant par Peter et Sloane, Partenaire particulier ou encore Licence IV, culturels avec Paris, ses travaux, ses embouteillages, sa pollution, ses bobos et ses manifestations. Sans oublier l’apparition de têtes connues, notamment celle de Vicévertus, calqué sur les traits du célèbre cathodico-philosophe BHL.
Une aventure qui renoue enfin avec les fondamentaux des histoires se déroulant dans le village des Irréductibles, après que le ciel leur fut tombé sur la tête, coup sur coup avec « Le Papyrus de César » et « La Fille de Vercingétorix ». Et sur les nôtres, par la même malheureuse occasion. Belle prouesse donc avec l’arrivée d’un nouvel auteur, à qui on dira un grand mercix !
