
Clap de fin côté Montreux, qui confiait sa Scène du Lac à Alanis Morissette, pour un concert empreint d’une nostalgie bienvenue.
Se replonger dans les années 90, c’est, souvent, fermer les yeux, et penser au lot incalculable de tubes aux senteurs pop rock qui ont déferlé sur les ondes. Citons Zombie des Cranberries, Losing My Religion de R.E.M, Bittersweet Symphony de The Verve. Sans oublier l’incontournable Wonderwall des frères Gallagher, aka Oasis qui signe un retour sur scène fracassant après 16 ans d’absence.
Une bande-son dorée qui comptait aussi largement sur la Canadienne Alanis Morissette, à l’origine de plusieurs grands hymnes, qui firent bondir Montreux hier soir pour sa soirée de clôture. Parmi ceux-ci, You Oughta Know, Hand in My Pocket, Right Through You. Et bien sûr l’iconique Ironic. Autant de titres issus d’une seul et même album, « Jagged Little Pill », sorti en 1995 et propulsant la chanteuse au rang de star, qui composeront aussi le menu de la setlist pléthorique (23 morceaux au total) du soir.
S’en dégage alors un quelque chose de nostalgique, sur lequel jouera Alanis Morissette tout au long de la soirée. En commençant par des images d’archives diffusées en fond de scène. Format 4:3. Un grain typique. Un tout qui rappellera aussi aux vieux trentenaires et jeunes quadras l’époque dorée de MTV et certains de ses concerts devenus légendaires. Nirvana à New York, s’il fallait le citer. Une formule là encore proposée par Alanis quand le groupe se resserre sur le tiers droit de la scène pour une parenthèse acoustique. On frôle l’overdose de clichés. Et pourtant.
Et pourtant la formule, globale, s’avère payante. Un peu par la nostalgie qu’on ressent. Surtout pour l’artiste dont on salue une voix impeccable. Qui feront un peu oublier les allées et venues incessantes de chaque côté de scène. Ou les guitares qu’on lui apporte, sans qu’elle ne s’en serve franchement. Contrairement à l’harmonica, qui confère une note élégante et étonnante au tout. Rappelant l’Amérique dont chaque ado, ‘back in the nineties’, rêvait. À grands coups de ballades pop rock, qui laissent parfois un arrière-goût doux-amer. Les vacances qui arrivent et qui séparent les meilleurs amis de 16 ans. Bien qu’un temps seulement.
Un peu comme la sensation étrange qu’on ressent parfois au cours du dernier concert d’un festival. On l’aime souvent d’autant plus qu’il résonne comme la dernière occasion de figer un peu le temps. En sachant aussi qu’il ne reviendra pas avant longtemps. Ironique, vous ne trouvez pas ?
