Larkin Poe & Rag’n’Bone Man : deux voix qui imprègnent Montreux

Rag’n’Bone Man – Montreux Jazz Festival 2024. David Trotta © PLANS CULTES

Si les artistes présents sur les scènes du Montreux Jazz Festival ont donné de la voix deux semaines durant, PLANS CULTES retiendra particulièrement les notes blues et soul de Rebecca Lovell (Larkin Poe) et Rory Charles Graham (Rag’n’Bone Man).

David Trotta

Certes on aura apprécié pléthore de belles performances au cours des concerts du Montreux Jazz édition 2024. Du génie alternatif des Smashing Pumpkins à la douceur folk de PJ Harvey. En passant par l’exubérance théâtrale d’Alice Cooper et l’historique Smoke on the Water sur le lac. D’une façon ou d’une autre, tous les artistes auront donné de leur personne, surtout de la voix.

À ce compte, deux artistes auront particulièrement ravi nos oreilles jusqu’à s’incruster dans nos tripes. Avec une première mention pour Rebecca Lovell, chanteuse et guitariste pour le combo Larkin Poe qu’elle mène avec sa sœur Megan. Un blues délicieux qui sait si bien se faire rock sous un ciel montreusien merveilleux. Mais surtout l’une de ces voix grave et éreintée qui sied particulièrement au genre. Des notes qui transpercent, des mélodies qui enchantent, une densité de ton qui, en live notamment, vous prend par le col, direction l’État de Géorgie d’où vient le duo qui délivre à Montreux une performance envoutante. Un groupe clairement qu’on recommande.

Autre jour, autre ambiance. Plus connue, plus convenue, mais toujours insidieusement saisissante, c’est aussi la voix d’outre-tombe de Rag’n’Bone Man qui a fondu sur le public de Montreux, mercredi 17 juillet. Cet ovni sonore qu’on ressent dans les membres, rauque à souhait, qui ferait lâcher quelques sanglots aux morts, si ce n’est arrêter une seconde fois leur respiration. Cette chose indéfinissable que Rory Charles Graham propulse du plus profond de ses entrailles, fissurant une monolithique apparence pour mieux faire surgir une âme à vif. Rag’n’Bone Man, c’est ce colosse ultra tatoué qui nous fait rester bouche bée en quelques notes. Dont celles de Skin, délivrée en début de set, qui vient s’imprégner sous la peau des spectateurs, comme si l’artiste y laissait suinter un peu de l’encre noire qui tapisse la sienne.

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