L’anti-Bâle de promo, façon âge de pierre

Queens of the Stone Age – Baloise Session 2025. David Trotta © PLANS CULTES

Les Américains de Queens of the Stone Age présentaient hier leur nouvelle tournée à la Baloise Session. Une pièce de théâtre musicale à la décadence malsaine exacerbée, issue du tréfonds des catacombes.

David Trotta

On les aura vus les pieds dans la boue. Façon groupe de rock standard au gros son, qui débaroule sur scène pour déverser ses tubes à l’état brut. C’était cet été, côté Paléo, pour la tournée « The End is Nero ». Désormais, Queens of the Stone roule sa pierre version troupe de théâtre orchestrale, dans le cadre de son « Catacombs Tour ». Une pièce musicale en trois actes, qui porte sur scène le récent « Alive in the Catacombs », enregistré l’an dernier dans les sous-sols parisiens, publié début juin.

Faire mouche à la Baloise Session hier soir, c’était donc bien le pari qu’il fallait relever. Pour un groupe qui manie l’alternatif comme nul autre. Dans un lieu guindé comme nul autre. S’y présenter brut de décoffrage quitte à passer un peu à côté de la cible, comme l’an dernier St. Vincent, ou jouer avec le décorum pour peut-être mieux le manipuler ?

Josh et ses hommes de main optèrent avec beaucoup d’intelligence pour la deuxième option. À commencer leur performance en plein centre de la salle. Pour y délivrer leur récent EP en intégralité, dans la pénombre d’une première scène illuminée pratiquement par une seule torche que brandit Josh, entouré d’une garde très, très rapprochée. Premier acte en partie réussi. Pour l’effet, moins pour sa longueur (pratiquement une demi-heure), dans une salle qui se prête peu à pareil exercice. En live.

Sweeney Josh

La sauce morbide prendra en revanche une toute autre dimension dès le deuxième acte, quand le groupe montera sur scène, la vraie cette fois-ci. Et y délivrer, à treize musiciens, ses titres tous réarrangés. Place à une comédie musicale façon Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street, pour des réinterprétations de Someone’s in the Wolf, Mosquito Song, Keep Your Eyes Peeled et Spinning in Daffodils de Them Crooked Vultures, supergroupe formé fin des années 2000 par Josh Homme, Dave Grohl et John Paul Jones (ex-Zeppelin). Ambiance anti-bal de promo magistrale, par ces laissés-pour-compte, qui choisissent de célébrer leur propre fête. Emmenés par leur reine, faite Homme, muni d’un couteau de boucher pour accessoire, au détriment de fleurs à la boutonnière.

Place enfin au troisième acte, avec des Stone Age qui jouent moins dans le registre des Fonderies d’acier de Mossolov, préférant conclure plus sobrement. Surtout moins sombrement. Même si toujours avec des réinterprétations pour orchestre, cette fois-ci de You Got a Killer Scene There, Man…, Hideaway ou …Like Clockwork. Et de terminer par une sortie de scène désarmante après un show mi-burlesque, mi-horrifique, à la noirceur grandiloquente bariolée magnifique. Tout simplement, en duo (Josh Homme et Michael Schuman) a capella, sur un sublime Long Slow Goodbye.

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