La mort s’abat sur Ozzy

Ozzy Osbourne. David Trotta © PLANS CULTES

Le Prince s’en est retourné dans les ténèbres. Lui qui avait placé le metal sous une intense lumière. Hommage en trois titres.

David Trotta

Under the Graveyard

L’annonce tombe hier soir. Elle se répand comme une traînée de poudre. Ozzy Osbourne est mort. Hier matin, confirme rapidement son clan. Lui qui, deux semaines plus tôt, dans son fief, son Angleterre natale, Birmingham, donnera son ultime concert. Entouré de tous ceux qui doivent au Prince d’être sortis des Ténèbres. Un dernier round, où la Terre entière le vit superbement sur son trône. Avant de rejoindre désormais son ultime demeure.

Lui sans qui le rock, plus précisément le metal, aurait fini au cimetière, sans même passer par la case énormes stades sur fond d’hectolitres de bière. Lui à qui on attribue la naissance d’un genre, en compagnie de trois acolytes. À ralentir parfois le rythme quand le riff commence à se faire plus lourd. À accélérer aussi quand il met marche le train heavy qui ne s’arrêtera plus depuis.

Ordinary Man

Peu ordinaire, Ozzy, c’est cet homme qui fait fi des convenances, malgré des contours, l’âge avançant, d’un gentleman britannique, au rire toujours grinçant.

Un Ozzy percutant. Une voix reconnaissable entre toutes. Lui qui n’était préparé à rien, surtout pas à la célébrité, chantait-il en 2020 dans une sublime ballade qu’il partage avec Elton John, l’un de ses compères de toujours. Lui qui s’évertuera jusqu’à l’excès à tout faire pour sortir de l’ordinaire, à en devenir une icône. L’homme des grands hits et de tous les mythes. Celle que tout le monde connaît, où une chauve-souris, sur scène un soir de janvier 1982, il décapite.

L’homme aussi derrière les prémices de la télé-réalité. Quand le monde entier le découvre dans son quotidien, avec « The Osbournes » au tournant du siècle. Drogué jusqu’à l’os. L’humain avant la légende. Le junky avant le chef de bande.

Crazy Train

Ozzy, avec Black Sabbath puis en solo, c’est l’homme que tout le monde salue depuis hier soir. Des hommages de tout le gotha rock, à la hauteur de sa légende gothique. Lui qui plaça le metal sur les rails du succès populaire, entraînant dans ses wagons tout ce que le rock dur compte aujourd’hui de légendes. Des Guns N’ Roses à Mötley Crüe, en passant par Metallica ou Kiss, qui tous firent du rock leur plus belle propagande.

Un train qui déraille peu à peu, quand Ozzy est atteint de Parkinson. Le retirant toujours plus du devant de la scène. Jusqu’à hier, jour sombre qui renvoie le Prince dans ses Ténèbres. Un mardi noir que n’oubliera personne.

Merci, Ozzy. D’avoir balisé cette route de toutes ces bornes.

Ozzy Osbourne. David Trotta © PLANS CULTES

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