
David Trotta © PLANS CULTES
Fin en douceur pour le 60e Montreux Jazz, qui s’est achevé sur les notes poétiques du songwriter James Taylor.
Clap de fin pour Montreux qui confiait hier les clefs de son Auditorium Stravinski à l’Américain James Taylor pour terminer en douceur son édition anniversaire. Loin des fanfares qui animent régulièrement les soirées de clôture, Taylor n’en a pourtant pas moins fanfaronné au cœur de l’arène.
D’abord avec une sélection de titres sur le rétablissement, thème cher au songwriter de Boston. «Se rétablir d’addictions a été une grande partie de mon histoire. Alors j’en ai fait des chansons. La prochaine a été écrite bien avant d’avoir l’idée de devenir clean. Une sorte de lettre d’amour à mon dealer», s’amusait-il à livrer, avant de lancer les premières notes de Rainy Day Man. Mais aussi, folk oblige, avec un peu de malice politique, en préambule de Line ‘Em Up: «C’est une chanson qui parle des derniers moments de l’administration Nixon. Mais ce n’est pas une chanson politique. On le voyait à la télévision nationale dire au revoir, qu’il n’était pas un escroc. Il a ensuite pris le chemin vers l’hélicoptère qui l’attendait, où ils construisent aujourd’hui une sorte de salle du trône. Ils avaient aligné tous les employés de la Maison Blanche et Nixon, sans doute pour la première fois, leur a serré la main.»
Sorte de grande communion post-hippie, James Taylor en profitera aussi pour réitérer son grand appel à l’amour collectif de son prochain. À travers Shower the People notamment. Mais aussi en témoignant sa gratitude envers quelques âmes ayant croisé sa route. Particulièrement son amie Carole King, auteure de You’ve Got A Friend, parmi les plus grands tubes de Taylor, pourtant une reprise. «À l’époque, je ne me rendais pas compte que j’allais jouer cette chanson chaque soir pour le reste de ma vie», partagera-t-il an amont.
Folk et calme certes, avec un jeu en picking caractéristique de l’artiste, James Taylor ne manquera pourtant pas de laisser briller les musiciennes et musiciens en nombre sur scène avec lui. Les notes blues du saxophone de Lou Mariani (ex-Blues Brothers), la guitare rock de Michael Landau, le violon d’Andrea Zonn. Et bien sûr, la voix de Henry Taylor, l’un de ses fils, guitariste et choriste, qui rejoindra son illustre père sur l’avant de la scène pour un instant de magie, en duo sur Close You Eyes, ultime rappel de la soirée.
Un fin de haute volée pour le 60e du Montreux Jazz Festival, avec naturellement un hommage à son fondateur juste avant d’entamer la chanson de clôture. «Claude nous manque toujours. Mais c’est vraiment merveilleux de savoir que son œuvre perdure. Que ce qu’il a bâti ici, ce qu’il a créé, continue d’exister», glissait en toute simplicité le très grand maître de cérémonie du jour, magnifique d’humilité d’un bout à l’autre d’un concert au charme rare.
