Indiana Jones à l’épreuve du temps

Suite et fin des aventures d’Indiana Jones avec « le Cadran de la destinée », qui clôt habilement une saga culte. Critique.

David Trotta

Après l’Arche d’alliance et le Graal, c’est avec la quête de la Sainte Lance, l’arme qui aurait servi à percer le flanc de Jésus, qu’Indiana Jones signe son grand retour. Et en principe, le dernier, avec le « Cadran de la destinée », volet signé James Mangold et non Spielberg comme les quatre premiers.

Clin d’œil au passé donc, parmi les nombreux qui jalonnent le film, il sert de pont entre les intrigues des premiers épisodes et l’ultime numéro. Indy affronte une nouvelle fois les nazis, dans la scène d’introduction déjà. Mais la relique dont il cherche à s’emparer est fausse. Contrairement au cadran fabriqué par Archimède, ayant le pouvoir de localiser les fissures temporelles, qui se trouve lui aussi dans le convoi en route pour Berlin. Nous sommes en 1944, la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin.

Une histoire du temps

On pouvait évidemment craindre le pire pour ce cinquième volet. Et en toute honnêteté après les aliens du « Royaume du crâne de cristal », on le redoutait passablement. Mais avec un objet capable de modifier le cours du temps, ce dernier épisode donne un coup de fouet, narratif et nostalgique, à la saga.

À commencer par la quête en soi. Puisqu’Indiana Jones reprend du service, un peu contre son gré, avec l’arrivée intempestive de sa filleule, un beau matin d’août 1969. Indy doit partir à la retraite, après une vie passablement mouvementée. Seul et plutôt aigri, il goûte peu aux réjouissances qui envahissent New York, pour le passage des astronautes de retour de la Lune. Outre l’apparition du nouveau personnage issu du cercle de l’archéologue, le film évoque aussi rapidement Marion, le grand amour d’Indiana Jones et épouse depuis le quatrième épisode, ainsi que leur enfant, dont on apprend l’existence aussi au cours du quatrième volet. Sans compter l’apparition, bien que furtive, de Sallah, fidèle allié d’Indy.

Le temps, c’est aussi celui qui est passé sur Indiana Jones. En 1969, année de l’intrigue du « Cadran de la destinée », Indy a 70 ans. Son Interprète, Harrison Ford, en a 80. Passée la scène d’introduction pour laquelle l’acteur a été numériquement rajeuni (plutôt avec brio), Indy se montre en vieil homme. Grisonnant, traits tirés, râleur, fatigué. Physiquement en forme, même très faut-il avouer, l’aventurier n’en demeure pas moins à l’aube d’une retraite particulièrement méritée. Choix des plus intelligents, celui de faire de Henry Jones Junior un senior permet précisément de parsemer ce dernier chapitre de références aux quatre précédents, pour mieux embarquer le public vers le point final d’une histoire qui a su s’imposer parmi les plus cultes de la pop culture.

Sans oublier le voyage à travers le temps, dans son appréciation la plus romanesque. Bien que souvent présenté comme pilleur de tombes, arrivant à ses fins grâce à de nombreux coups du sort, Indiana Jones n’en demeure pas moins Indiana Jones. Un entêté dont l’entreprise réussit toujours. Alors, quand il est question de trouver un objet fabriqué par Archimède (dans les grandes lignes, le vieux grâce à qui les canards en plastique flottent sur l’eau du bain) permettant de localiser les failles temporelles, on attend avec impatience de savoir à quelle époque l’aventurier va finir par atterrir. Et là encore, on apprécie les choix opérés par les scénaristes et le réalisateur.

Une belle aventure en somme, qui fera probablement grimacer la génération Netflix avec ses 2h34 au compteur, savamment construite pour boucler la boucle, avec passablement d’émotion, d’humour et d’action, d’une saga à laquelle on a juste envie de tirer son chapeau.

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