
Concert parmi les plus attendus de la soirée de clôture, la performance de Gaëtan Roussel au Venoge a tenu toutes les promesses d’un show calibré pour rassasier un public d’attaque. Critique.
Il y a des invitations qu’on accepte parfois par erreur. D’autres, on les attend de pied ferme. Comme celle de Gaëtan Roussel, dont on sait les qualités artistiques et scéniques, avec Louise Attaque autant qu’en solo.
Hier soir au Venoge Festival, 30e du nom qui aura attiré cette année plus de 75’000 spectateurs, la promesse était donc des plus alléchantes, pour la soirée de clôture, avec l’un des auteurs-compositeurs-interprètes français parmi les plus respectés et salués. Et la promesse fut tenue d’une main de maître, pour la première venue de Roussel au Venoge. Avec un show pop qui s’ouvrait sans l’artiste directement sur scène, projeté sur les écrans partitionnés façon Andy Warhol, sur les notes de Marjolaine, morceau-titre du dernier album, paru fin novembre. De quoi installer une ambiance qui, d’un tube à l’autre, ne manquera d’aucun charme.
Des tubes, évidemment, il sera aussi question de ceux de Louise Attaque, avec Les Nuits parisiennes, pour mettre l’eau à la bouche, Ton invitation que la foule accueille avec un bonheur non feint, et de clore avec le très attendu J’t’emmène au vent, religieusement scandé par un public conquis.
À noter aussi une superbe reprise de Bashung, «le plus grand compositeur française», glisse Roussel au moment de lancer Résidents de la République. Et Je vous trouve un charme fou, duo qu’il compose avec Hoshi, pour parfaire la parenthèse poétique du show. Un titre qui résumerait à lui seul les mille qualités d’une performance faste.
Une invitation qu’on acceptait donc sans erreur possible, le temps d’une performance aux relents magiques, offerte par un artiste au charme véritablement fou.
Marjolaine – Les nuits parisiennes – La frousse – Amours – Je reste là – Je vous trouve un charme fou – Léa – Ton invitation – Résidents de la République (Alain Bashung) – J’entends des voix – Help Myself – J’t’emmène au vent
Y en a un peu plus, j’vous l’mets quand même
Qui de mieux pour ouvrir la journée de clôture, labellisée pour les familles, que le grand chansonnier pour enfants Henri Dès ? Un choix particulièrement judicieux pour l’édition anniversaire, qui fait mouche auprès des petits autant, si ce n’est plus encore, qu’auprès des vieux trentenaires et jeunes quadras. Entonner avec cœur de nombreuses bêtises musicales à l’avant-veille de la reprise scolaire: on valide, évidemment.
Les titres
La mélasse – La machine – Le fantôme – Grincheux – La glace au citron – La sorcière de minuit – Papa mon baiser – Le crocodile – Le petit zinzin – Le beau tambour – Mon gros loup – Polyglotte – Bizarre bizarre – C’est le printemps – Chanson pour mon chien – La petite Charlotte – On ne verra jamais – Salut les filles, salut les gars – Les bêtises à l’école – Flagada
On l’aura apprécié sur la Place des Médailles, sise au cœur du Flon, dans le cadre des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2020, peu avant que le monde ne stoppe momentanément sa course effrénée. Charlie Winston, pour l’occasion, s’y produisait en duo. On apprécie donc le revoir en format complet, pour un set dense, où l’Anglais offre une palette large des genres, avec une folk très contemporaine, teintée blues, assurément, mais aussi électro, voire funk. Mention spéciale pour Mars, sur le dernier album de Winston paru en octobre 2025 sur «Love Isn’t Easy», avec une coloration, notamment vocale qui rappelle avec force un certain Keziah Jones.
Les titres
Dace with you – Mars – Kick the bucket – Perfect conditions – Exile – Never enough – Kick out of you – Turning circles – What a feeling – In you hands – Say something – Like a hobo
Dernier concert de la soirée et du festival, côté Riverstage. Skip the Use, quatre ans plus tôt, remuait la place. Forcément, on s’attend à la même, pour un groupe rock engagé. Promesse tenue là aussi avec un groupe solide et son très charismatique Mat Bastard de chanteur qui harangue jusqu’au petit matin la foule. Déjà présent sur la Grande Scène sur le show de Mosimann, comme Claudio Capéo dans la foulée, on le retrouve forcément accompagné de son ‘Mosi’ pour la fin du show. Il est 2h20 quand le DJ débarque sur scène, invité à terminer le concert avec Skip. Sur Ghost, puis sur la reprise, directement dans la foule, de Boys Don’t Cry (The Cure). Et de terminer, pour Skip the Use, Mosimann légèrement en retrait, neutralité suisse oblige, sur une très hargneuse Porcherie de Bérurier Noir et son outro devenue slogan contre le Front National.
Les galeries
*Henri Dès et Skip the Use en attente de validation par les artistes. À retrouver ici, peut-être, prochainement.
