Exposition « Titanic » : trois points à retenir

Le RMS Titanic à Southampton, le 10 avril 1912, jour du départ pour New York. Iconique, cette photo est tombée dans le domaine public.

Les Halles Sud de Beaulieu accueillent depuis vendredi une grande exposition consacrée au Titanic, proposant une immersion au cœur du plus célèbre des paquebots au monde, qu’objets et récits ressuscitent.

David Trotta

Un voyage au gré d’une histoire illustrée par plus de 200 objets remontés à la surface, restés pendant plus de septante ans au fond de l’Atlantique, près de l’épave à la funeste destinée. Pas la peine de dire que l’exposition intéressera probablement l’énorme majorité de celles et ceux qui s’écharpent encore pour savoir si la planche était assez grande pour accueillir Jack, en plus de Rose. En lieu et place, trois points qui ont particulièrement retenu l’attention de PLANS CULTES.

#1 Le voyage sur le Titanic coûtait un bras

Comme le prix du billet d’entrée à l’exposition, ne peut-on s’empêcher de penser. Si les passagers de troisième classe payeront avec le personnel du paquebot le plus lourd tribut humain lors du naufrage, on constatera aussi qu’ils se seront par ailleurs délesté d’un montant particulièrement élevé pour embarquer à bord du Titanic : 40 dollars, l’équivalent de 820 euros aujourd’hui. C’est évidemment loin de ce qu’ont déboursé les passagers de première (4’500 dollars de l’époque, soit 94’000 euros aujourd’hui). La somme reste néanmoins particulièrement importante. Surtout pour finir en chair à plancton.

Bien qu’onéreux, le voyage pour les passagers de troisième classe se voulait toutefois synonyme d’un confort supérieur, les lits étant munis de matelas pour tous, contrairement à de la paille sur bien d’autres navires.

#2 L’iceberg a commencé son voyage en même temps que débutait la construction du Titanic

C’est en 1909 que se serait détaché depuis le Groenland l’iceberg qui croisera le chemin du Titanic dans l’Atlantique Nord la nuit du 14 au 15 avril 1912. 1909, c’est aussi l’année de lancement de construction du paquebot dans le chantier naval de Belfast. Une coïncidence qui rappelle aussi la publication en 1898 du roman « Le Naufrage du Titan » par Morgan Robertson. Un récit qui raconte le naufrage du Titan en plein Atlantique, paquebot fictif le plus grand jamais construit, insubmersible, disposant du nombre minimum légal de canots de sauvetage à son bord, après avoir heurté un iceberg.

#3 Il fallait mesurer maximum 1,73 mètre pour être figurant dans le film de Cameron

Une info qu’on n’indique pas au cours de l’exposition en réalité, mais récemment réapparue dans « Qui vent gagner des millions ? ». C’est James Cameron qui le révélait il y a quelques temps, au moment de la sortie du film en version restaurée. L’idée : s’agissant d’une maquette, la taille du Titanic était évidemment plus petite que l’original. Alors, pour garder l’impression de grandeur et économiser un peu, la taille maximum pour être pris en tant que figurant était plafonnée à 1,73 mètre.

Pourquoi évoquer le film de 1997 ici ? Précisément parce qu’aucune mention n’y est faite au cours de l’exposition. Sachant que l’attrait public pour le Titanic, bien que catastrophe maritime majeure et particulièrement médiatisée à l’époque, est aujourd’hui principalement due au succès colossal du film de James Cameron. Il ne faut donc pas s’attendre à y trouver des liens avec le film, si ce n’est une reproduction du « cœur de l’océan » en porte-clef, dans la boutique.

#Bonus : Le chef d’orchestre a été retrouvé avec son violon

Là encore, il faut aller chercher ailleurs pour entendre parler de ce fait, l’exposition mentionnant toutefois bien l’héroïsme de l’orchestre jouant jusqu’aux derniers instants. Dont un ultime morceau, interprété au violon par le chef d’orchestre seul, Wallace Henry Hartley, une fois tous les canots partis. Il pourrait s’agir de Plus près de toi, mon Dieu selon plusieurs versions, sans certitude toutefois. D’autres témoignages évoquent un autre air, le cantique Autumn, voire Songe d’Automne. La version principale retenue viendrait du fait que Wallace Henry Hartley aurait indiqué qu’il jouerait Plus près de toi, mon Dieu s’il devait se trouver sur un navire en perdition. C’est d’ailleurs ce morceau qu’on peut entendre dans le film de 1997. Au demeurant, l’orchestre jouant jusqu’aux derniers instants est bien un point attesté. Ce qui vaudra aux musiciens une gloire éternelle.

Le corps de Hartley a d’ailleurs été retrouvé en mer une dizaine de jours après le naufrage, peut-être même avec son violon. Si celui-ci ne figure pas sur la liste des effets personnels retrouvés avec le musicien, un violon a bien été rendu à sa fiancée, Maria Robinson, comme le relate un article de la BBC de 2013, suite à l’authentification de l’instrument. Parmi les preuves retenues, un télégramme de Maria Robinson daté du 19 juillet 1912 au secrétaire provincial du Canada pour la Nouvelle-Écosse : « Je vous serais très reconnaissante de bien vouloir transmettre mes remerciements les plus sincères à tous ceux qui ont rendu possible la restitution du violon de mon défunt fiancé ».

Le groupe de rock Black Country Communion rendra hommage à Hartley dans son album de 2017 « BCCIV », avec le sublime The Last Song For My Resting Place, écrit et interprété par Joe Bonamassa.


Infos pratiques

Titanic, L’exposition, de vrais objets, de vraies histoires
du 27 septembre 2024 au 26 janvier 2025
Beaulieu · Lausanne
> titanicexpo.ch

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