En vieux gorille, Damon Albarn règne dans la jungle Paléo

Concert parmi les plus attendus de l’édition 2026, la performance de Gorillaz se sera avérée d’une intensité alléchante. Avec un Damon Albarn en très grande forme, pour filer à Paléo une banane d’enfer. Critique.

Gorillaz – Paléo Festival 2026. David Trotta © PLANS CULTES

David Trotta

Déjà vingt-cinq ans que débarquait sur les ondes l’ovni Gorillaz. Avec un album éponyme, qui révélera une facette peu connue de Damon Albarn, jusque-là cantonné à « Monsieur Blur ». Rien que ça.

Un aspect pourtant faste, qui marquera bien les esprits, comme le fit le concert d’hier à Paléo. Avec un groupe massif (8’000 sur scène, minimum), qui aura su s’accaparer la jungle nyonnaise, réunie en très grand nombre devant la Grande Scène, sise plaine de l’Asse. Un collectif certes, mais bel et bien mené par un très charismatique Damon Albarn.

Arrivé sur scène façon dictateur, veste camouflage, lunettes à soleil et béret vissé sur la bobine, nul doute que l’artiste comptait bien délivrer un vrai moment, pas un simple best of. Ce que confirme l’entame du show, avec The Mountain et The Happy Dictator, issus de dernier album en date, paru plus tôt dans l’année. Plus tard, notamment, The Hardest Thing, qui donnera lieu à une parenthèse poétique, dévoilant une note sensible du personnage. L’amour qui fait, parfois, très mal.

Sensible, on aura aussi pu le voir quand Albarn s’adresse à la foule, assis en devant de scène, pour évoquer sa peur, la première fois que Damon foulera les planches de Paléo. Un échange constant qui fait toujours le sel des concerts. Plus encore quand la star du jour vient directement au contact. Ce que fera Damon Albarn à plusieurs reprises, depuis la fosse ou sur les côtés de scène. Histoire sans doute de prendre la banane d’un public comble.

Un public d’autant plus comble quand tombent les titres iconiques du groupe. D’abord le très groovy 19-2000, du premier album, rapidement dans la sélection du jour. Puis, pour la fin et successivement Feel Good Inc. et Clint Eastwood. Avec un Damon Albarn qui laisse à la foule toute latitude en tant qu’actrice du show pour chanter seule les refrains. Damon admirant le tout tel le vieux gorille qui aura, tout au long de la soirée, profité d’envoyer de magnifiques grimaces.

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