Eddie Murphy de retour pour un quadruple Axel

Netflix redonne voix au célèbre Flic de Beverly Hills le temps d’un bon quatrième volet. On y retrouve Eddie Murphy dans les éternelles baskets d’un Axel qui a toujours le feu, bien que moins Foley. Vous l’avez ?

David Trotta

Ce pourrait bien être l’année des grands comebacks à en juger les sorties annoncées, en salle autant que sur les plateformes. Pour preuve, Beetlejuice reviendra en septembre pour une seconde virée macabre, deux mois avant la suite du péplum monstre de l’an 2000 Gladiator. Même si cette dernière annonce déjà des contours plutôt inquiétants, dans les premières images dévoilées semaine dernière.

Depuis début juillet, c’est Netflix qui se charge de remettre en selle un autre classique du cinéma des années 1980 avec un quatrième tour de piste pour Le Flic de Beverly Hills. Tout juste quarante ans après le premier volet. Trente après le troisième qu’on pensait, à tort donc, le dernier. Un quatrième temps qui mérite bien qu’on s’y attarde, à plus d’un titre.

Foley, mais pas que

Plus que de simples retrouvailles avec le fantasque policier de Détroit, qu’un concours de circonstances conduit irrémédiablement vers les quartiers chics de Los Angeles, Le Flic de Beverly Hills : Axel F. remet en scène l’entier du casting d’origine. On y retrouve donc toujours Billy Rosewood, désormais détective privé, tout comme son ancien équipier John Taggart, devenu commissaire, pour une intrigue autour de l’assassinat d’un membre des forces de l’ordre. Le tout saupoudré d’un cartel de drogue, de flics véreux et d’innocents criminels.

Une histoire qui reprend donc les fondamentaux de la saga pour y coller au plus près. Tout en jouant du temps qui passe, sans prétendre le contraire. Trois décennies qui ont agi surtout sur le personnage principal, moins sur ses deux comparses. Sans oublier de nouvelles têtes, côté gentils comme côté méchants, notamment Joseph Gordon-Levitt (lieutenant Bobby Abbott) pour accompagner Foley, Kevin Bacon (capitaine Cade Grant) en guise d’antagoniste. Ainsi que Taylour Paige (Jane Saunders), la jeune avocate par qui naît l’intrigue, aussi la fille d’Axel.

Un Axel moins follet

Côté action, on ne reprochera pas au quatrième opus de reprendre les codes des trois premiers qui ont fait le succès de la marque. À coups de courses poursuites grandiloquentes (une première au volant d’un chasse-neige en plein milieu de Détroit), tout comme les ficelles d’une intrigue qui tirent tous azimuts, au même titre que Foley et Rosewood qui n’a rien perdu de sa passion pour les armes.

Manque en revanche l’exubérance d’Axel, qui conférait un caractère unique au personnage ainsi qu’à la saga. Celle qui lui permettait de tout dire et tout faire, aborder frontalement tous les sujets avec un humour aussi potache que grinçant. C’est que Foley a vieilli, mais pas que.

Seconde intrigue derrière l’action, le quatrième volet de la saga met en scène la relation d’un père sexagénaire qui doit recoller les morceaux avec une fille abandonnée, laissée aux soins des vieux comparses d’Axel. Une histoire père-fille à reconstruire qui se prolonge l’entier du film, pour souvent le ralentir.

Autre ombre au tableau avec le doublage de Foley en version française qui, par nécessité, perd sa voix historique. Avec le décès de Med Hondo en mars 2019, le doubleur français sur la plupart des classiques mettant en scène Eddie Murphy, Axel, en plus de l’œil, tombe dans les graves. On n’y retrouve donc plus l’âne sensible (vous l’avez celle-ci aussi ?) qui conférait au personne une signature sonore unique.

N’en demeure pas moins, quelques longueurs mises à part, un quatrième chapitre qui tient beaucoup de promesses. Avec un Axel qui a toujours le feu, celui d’une quête de vérité et de justice. Même si, admettons-le, trente ans d’absence l’auront rendu moins follet.

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