
Dans les jardins du Château de L’Isle, Échos sauvages laisse une nature discrète chuchoter à l’oreille des curieux d’animaux.
Bientôt trente ans que Manau nous donnait à entendre le loup, le renard et la belette. Écho lointain à « La jument de Michao », signée Tri Yann, chantre du folklore rock breton. À L’Isle, pas de loup, ni de belette. Pour accompagner Maître Renard, entre autres, un lynx et un blaireau. Le tout au cœur de l’exposition Échos sauvages, ode merveilleuse à la nature d’ici, proposée par l’association Venobia.
La nature d’ici, c’est celle du Parc naturel du Jura vaudois, plus précisément sa faune, capturée par Guillaume Pasche. Celle qu’on voit rarement, faute d’en respecter les codes, et surtout le rythme. À l’image donc, seize grands tirages pour nous donner à voir un cerf élaphe, une effraie des clochers ou un Martin-pêcheur.
Loin d’une simple exposition de photographie animalière, Échos sauvages simule une véritable expérience de vie imminente. Devant chaque cliché, un panneau didactique et un QR code renvoyant vers un récit du photographe mis en musique par Organ Mug. Immersion sensible sans tomber dans la sensiblerie, le mélange subtil donne à voir et à entendre cette partie de notre monde avec lequel beaucoup ont rompu le dialogue. Un parcours qui réhabilite le temps long, la contemplation et l’affût, pour reconnecter l’humain à son environnement.
Au bon tempo
Démarche essentielle à l’ère de l’instantané effréné, elle suggère sauvagement combien il est important de nous montrer humbles et en harmonie avec les éléments pour saisir au mieux les mille facettes de la nature qui nous entoure directement. Celle qui fait peu de bruit, nous obligeant à tendre l’oreille pour en percevoir les plus beaux murmures.
Pérégrination singulière, elle réussit le pari fugace de nous enlever les œillères, le temps d’une promenade bucolique, écouteurs vissés dans les oreilles.
Échos sauvages
Dans les jardins du Château de L’Isle
Jusqu’au 23 août 2026
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