
Thomas Maguer relance l’idée d’un Lego dédié à Kaamelott, quelques mois après le refus de la marque de lancer la production du premier set imaginé par le Français. La nouvelle mouture, toujours lancée sur la plateforme Lego Ideas, fait cette fois-ci la part belle à la quête du Graal. Interview.
Six saisons d’une série à succès ainsi qu’un premier film. Et pourtant, toujours pas de Graal à l’horizon pour Arthur et ses chevaliers version Kaamelott d’Alexandre Astier, qui continuent de chercher le récipient ayant servi à recueillir le sang du Christ. Comme toute aventure inscrite dans la légende arthurienne, celle de Kaamelott illustre la persévérance nécessaire au succès d’une noble quête. Un peu comme celle entreprise par Thomas Maguer, qui relance l’idée d’un Lego Kaamelott, quelques mois après avoir vu son premier projet refusé par le fabricant des plus célèbres briques. Tour d’horizon du nouveau projet avec son créateur.
DT : Savez-vous pourquoi le premier set a été refusé ?
TM : Non, Lego ne communique jamais là-dessus. Des milliers d’idées sont proposées sur la plateforme Lego Ideas. Seule une quarantaine par trimestre arrive aux 10’000 supports exigés pour que le projet soit étudié. Sur ces quarante projets, il n’y en a jamais que deux ou trois qui sont sélectionnés. Le pourcentage de réussite est très bas. Ça peut être un problème de licence, ou une question de marché potentiel. Je penche pour la deuxième hypothèse, parce que quand vous soumettez une idée, la première question à laquelle il faut répondre est celle de la propriété intellectuelle. Quand j’ai proposé le premier set Kaamelott, ça ne figurait pas dans les options. Le site m’avait donc dit qu’ils allaient étudier s’il s’agissait d’une propriété intellectuelle valable ou pas. Quand j’ai soumis la deuxième idée il y a quelques semaines, le site m’a directement indiqué que Kaamelott était ok, qu’il n’y a pas de problème en termes de licence. Mais ce n’est qu’une supposition.
Le premier refus est arrivé il y a plusieurs mois. Quelle a été votre réaction ?
Dans ma vie en général, je garde mes espérances à un niveau relativement bas. Ça permet de ne pas être trop déçu. Dans le cas présent, il y a évidemment beaucoup de temps consacré au projet ainsi qu’à sa promotion. Mais il y a un décalage temporel énorme entre le moment où le projet atteint les 10’000 supports nécessaires à ce que l’idée soit étudiée et le moment où elle est refusée. Quelque chose comme huit ou dix mois. C’est un délai extrêmement long. Pendant ce temps, je suis passé à autre chose. Et on oublie que la nouvelle doit tomber. Forcément, je suis déçu, mais pas non plus extrêmement surpris. Si le projet était entré dans leur radar, il y aurait certainement eu des contacts au cours de ce laps de temps.
Vous proposez un nouveau set Kaamelott, même s’il est différent de la première idée. Un risque d’essuyer un nouveau refus ?
C’est clairement un risque. Avec le premier projet, j’ai mesuré la difficulté de récolter les 10’000 soutiens. C’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. Avec le premier set, j’y suis arrivé sans trop de difficulté parce qu’il y a une grosse communauté derrière Kaamelott. C’est assez impressionnant. Il y a des fans très impliqués et plusieurs personnes très motivées ont supporté et partagé le premier projet. Ce qui serait différent si l’idée n’était pas labellisée Kaamelott. Mais j’avais aussi promis à cette communauté de ne pas en rester là si le projet était refusé. Je précise que j’avais testé l’idée aussi dans des forums anglais et on m’avait confirmé qu’on reconnaissait parfaitement Arthur, les chevaliers de la Table ronde, etc. Au-delà de Kaamelott, c’est un sujet qui n’est évidemment pas que français. Le set pouvait donc plaire plus largement et j’ose espérer que sa nouvelle version plaira aussi !
Vous avez changé de concept pour ce deuxième set. Il s’appelle toujours Kaamelott, mais il propose cette fois-ci une immersion dans la quête du Graal, alors que le premier était consacré aux chevaliers de la Table ronde. Pourquoi ce changement d’identité ?
J’aurais pu faire un copier-coller du premier projet, j’aurais pu le soumettre tel quel une deuxième fois, rien ne l’interdit, mais je voulais proposer quelque chose de différent. Si le premier projet n’est pas passé, je ne voyais pas l’intérêt de le soumettre une nouvelle fois tel qu’il était, ou proche de ce qu’il était. Il fallait changer d’angle pour voir si une idée un peu différente pouvait être mieux reçu par le groupe Lego. Le premier set proposait des éléments très emblématiques de Kaamelott, des lieux comme la chambre à coucher, la taverne, etc, propres à la série et moins à la légende arthurienne.
D’une idée à l’autre, reste pourtant dans le titre du set.
Oui et d’ailleurs le titre du premier set a changé en cours de route. Initialement, il s’appelait seulement Kaamelott. J’ai eu beaucoup de retours qui me disaient que j’allais me planter, parce que c’est trop franco-français. J’avais donc changé le nom en Kaamelott, les chevaliers de la Table ronde. J’ai gardé ce principe pour ce deuxième set. On reste suffisamment proche de Kaamelott, parce que c’est une série que j’adore, mais en essayant d’empiéter un peu plus sur le côté quête du Graal qui peut se détacher un peu de la série.
Ce nouveau set propose d’ailleurs des nouveaux personnages issus du film Kaamelott : Premier volet, mais aussi des éléments, comme un dragon ou un serpent géant, propres à la légende arthurienne, qui eux ne figurent pas à l’image dans la série.
Le serpent géant donne lieu à un épisode de la série et il fait aussi l’objet d’une bande dessinée Kaamelott. C’est aussi le cas pour les dragons. Très franchement, je voulais aussi me faire plaisir et j’avais vraiment envie de créer un dragon. Une fois encore, avec ce nouveau projet, l’idée est de se détacher un peu de Kaamelott et de se rapprocher de quelque chose de plus générique, comme la quête du Graal. Je ne connais évidemment pas tous les détails de la légende arthurienne, mais il me semble que le combat d’un chevalier avec un dragon comme preuve de valeur fait partie de l’imaginaire collectif.
Le projet ne s’arrête pas qu’à Kaamelott, puisque le diorama propose une scène clin d’œil à Indiana Jones et la Dernière Croisade. Pourquoi Indiana Jones ?
Je ne saurais même pas dire comment est venue cette idée. J’ai passé plusieurs mois à chercher quelle forme ce projet devait revêtir. J’ai revu trois ou quatre fois Kaamelott : Premier Volet pour essayer de voir ce qui pouvait être intégré. Il faut savoir que les projets Lego Ideas ne doivent pas simplement être des personnages, mais proposer une vraie construction en briques. Quelque part, il faut que ce soit un lieu. Or, dans Kaamelott : Premier Volet, il y a des tas de lieux, mais pas vraiment un qui soit emblématique du film et qui puisse bien s’intégrer dans un set Lego. C’est là qu’est née l’idée du diorama. Il existe un set officiel qui s’en rapproche, un de ceux consacrés à Indiana Jones, qui s’appelle le « Temple de l’idole dorée ». Par association d’idées, j’ai intégré une scène à mon diorama, issue du troisième volet d’Indiana Jones. La dernière scène de mon diorama est consacrée au Graal, à sa découverte. Ça aurait été bizarre de terminer sans trouver le Graal. Les quatre premières scènes ont été créées rapidement. La dernière a été bien plus compliquée à trouver. C’est aussi un clin d’œil, puisque dans Kammelott, ils n’ont toujours pas trouvé le Graal. Pas pour le moment en tout cas.
Combien de temps vous aura pris ce nouveau projet ?
L’exécution a démarré début septembre, donc cinq à six semaines pour la partie « design ». L’idée, elle, je dirais qu’elle a germé quelque chose comme deux ou trois mois avant son exécution. Une fois que j’ai commencé à travailler dessus, les choses sont devenues plus intenses. C’est quelque chose que j’ai dû mal à faire seulement une heure par semaine. J’y ai passé trois à quatre heures par jours. Ce qui énerve un peu ma femme, mais c’est comme ça que ça marche (rires).
Pour passer autant de temps sur Kaamelott, qui compte une communauté particulièrement importante, à l’image de Harry Potter ou du Seigneur des Anneaux, peut-on vous considérer comme un fan parmi les fans ?
Je suis fan de beaucoup de choses, mais je ne suis pas un fan ultime de la série. Avant de me lancer dans ces projets, je n’étais pas sur les groupes Facebook dédiés à Kaamelott par exemple. Je m’y suis mis pour promouvoir le projet et c’est là que j’ai rencontré une énorme communauté, par ailleurs très agréable à fréquenter. Mais il y a des fans qui le sont beaucoup plus que moi, qui vont à des séances de dédicaces, rencontrer les acteurs, qui vont à la première de la première projection du film, etc. Ce n’est pas mon cas. J’adore la série, il y a beaucoup de choses géniales et je comprends le succès qu’elle a rencontré. Mais au même titre que j’adore Star Wars et plus généralement ce qui est issu de la pop culture traditionnelle.
Le premier projet a rencontré au franc succès auprès du public. Il a récolté les soutiens requis particulièrement rapidement et a bénéficié d’une médiatisation importante. Avez-vous été contacté par les équipes de Kaamelott, voire par Alexandre Astier ?
Non, pas du tout. Ça faisait partie de ma stratégie de promotion. Je pensais que ça arriverait effectivement aux oreilles de quelqu’un, en l’occurrence d’Alexandre Astier, qui a énormément de followers sur ses différents réseaux. Initialement, je comptais avoir un coup de main de sa part ou de ses équipes, mais ça n’est pas arrivé. J’ai tenté de les contacter, sans succès. J’ai aussi contacté certains acteurs, comme Serge Papagalli (Guethenoc) ou Guillaume Briat (le Roi Burgonde), qui ont partagé le projet et l’ont donc soutenu à leur échelle. Ça fait chaud au cœur.
« Kaamelott, la quête du Graal »
Un projet Lego Ideas conçu par Thomas Maguer
Il reste un peu plus de 400 jours pour soutenir le projet
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