
Une simple petite marche de 2 centimètres de haut et c’est le drame.
Le déséquilibre et le gobelet qui virevolte.
Son contenu, tel un tsunami, entame son inarrêtable révolte.
Une scène que l’on vit bien évidemment au ralenti.
Façon Alerte à Malibu, époque Pamela et Tommy.
Une chronique choc.
Offerte par celui qui malencontreusement renversa sa Super Bock.
Mais renversée bien comme il faut.
Genre maxi splash sur tout le flanc d’une dame auprès de qui on se sera mille fois platement excusé.
Politesse oblige, bien que l’acte de contrition n’adoucit en rien l’amertume qui se met à flotter dans l’air.
Celle de la spectatrice sur qui on vient de déverser pratiquement toute notre bonne bière.
Autour, certains trouvent ça drôle.
Elle, elle jauge nos contours,
Et nous prend pour un drôle.
On implore le pardon.
En face, pas un mot, ni même un son.
Tout est transmis en un seul regard :
« Franchement mec, t’es vraiment, vraiment un gros connard ».
En son for intérieur,
Elle nous intime sans doute d’aller faire des trucs fort pas jojos à notre mère.
On lui concède,
Nous aussi, on aurait été plutôt vénère.
Manque de bol, la boisson, on venait tout juste de se la payer.
Pas une goutte ne finira dans le gosier.
Rien, nada, niet.
De cette bonne bière bien fraîche, on n’en goûtera pas une seule miette.
David Trotta , de retour du Montreux Jazz Festival

J’adore les chroniques en vers
Surtout quand cela parle de bière
Pour draguer, ce n’est pas la meilleure technique
Mais que peut faire d’autre un alcoolique ?