Antigel fond pour Pete Doherty, le temps d’une parenthèse libertine

The Libertines – Antigel Festival. David Trotta © PLANS CULTES

Le festival genevois accueillait jeudi l’ancien gamin terrible du rock britannique. Dont la présence a séduit autant qu’elle en étonnait certains.

David Trotta

« Tu aurais imaginé toi qu’un jour on verrait ce gars sur scène ? Avec sa vie, ça fait un bail qu’il ne devrait plus être là ». L’auteur de la saillie ? Un quidam présent jeudi soir à Antigel. Le gars sur scène ? Sur la gauche, au Lignon, l’ex-trublion rock Pete Doherty.

Reste qu’au Lignon, dans la moiteur d’une salle plus tropicale qu’une nuit désormais coutumière sous nos latitudes, Doherty est accompagné des siens. Les premiers. Qui ont valu au musicien une omniprésence dans les tabloïds anglais. Tant pour ses frasques individuelles que les conflits fratricides avec Carl Barât, l’autre partie du duo pensant qui compose l’âme vive de The Libertines.

Concert-événement, la venue de The Libertines à Genève promettait donc une parenthèse détonante. Malgré les nombreux couacs côté son, qui dès le début du show ont privé le public, à de multiples reprises, des voix de Doherty et de Barât, tout comme de leurs guitares.

De quoi entacher la soirée ? Pas franchement. Avec un groupe qui choisit de ne pas se laisser agacer par la technique. Préférant toujours aller au bout des titres. Prendre peut-être un peu plus de temps entre les morceaux, pour en laisser aux petites mains derrière les manettes, histoire de rebrancher le tout. Et de se dire peut-être aussi qu’une performance trop léchée, trop juste, ne collerait sans doute pas à l’esprit garage du libertin quatuor. On profite alors, à plus d’un titre.

Côté titres, justement, ce sera mélange doux-amer, particulièrement sulfureux, tiré des quatre albums studio. De « Up The Bracket » en 2002, à commencer par le morceau éponyme. Tout comme The Good Old Days, Time For Heroes, ou What a Waster. Jusqu’à Run, Run, Run, paru l’an dernier sur le dernier opus. Mais aussi un brin de douceur, notamment avec la ballade Night of the Hunter, également issue de « All Quiet on the Eastern Esplanade ». « Ça c’est le Doherty que j’aime », entend-on alors juste derrière.

Un tout savoureux, aux relents punk et pop, pour une soirée aux élans libertaires, autant que Libertines.

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