À Paléo, Royal Blood fait Pl’Asse nette

Royal Blood – Paléo Festival 2024. David Trotta © PLANS CULTES

Grosse performance pour le combo britannique mardi à Paléo qui a toutefois vu un public quitter en masse la Grande Scène au cours du concert. Une question qui s’impose donc: le rock y serait-il devenu la recette perdante ?

David Trotta

Paléo démarrait hier avec les quelques rares concerts rock de son édition 2024. Et, fort heureusement, pas des moindres, puisque le festival proposait à ses disciples d’une part la légendaire Patti Smith, suivie quelques heures plus tard, aussi sur la Grande Scène, par le duo phénomène Royal Blood, sur les coups de 21h.

Réputé pour son franc-jouer, Royal Blood aura une fois encore gonflé les muscles pour proposer un concert rock à souhait, dans le son comme dans l’attitude. Le chant souvent proche du stoner, comme la basse, seul instrument à cordes du groupe s’il fallait le rappeler. La batterie marquant le temps tel le maillet d’un président de tribunal qui, d’une main ferme, assène son inébranlable jugement. Avant de quitter, dès la première chanson terminée, son seigneurial trône pour se payer un bain de foule. Rock, pas de doute.

Et pourtant, comme Patti Smith, Royal Blood dut subir une défection dans ses rangs. Certes Smith entamait son show relativement tôt, à 18h30, mais son statut d’icône laissait supposer que Patti remplirait la place. Comme pléthore d’artistes rock le firent en leur temps. Dont Patti Smith elle-même. Que nenni. Le grand entassement se fera certes, mais sur le tard. Situation différente mais analogue pour Royal Blood. Ce moment où vous recevez un message disant « on est à tel endroit », le plus souvent en plein milieu de la foule. Auquel vous répondez « j’arrive », en sachant pertinemment que jamais vous ne réussirez à fendre la marée humaine massée compacte devant la Grande Scène.

Et re-pourtant. 21h45, 45 minutes après le début des « festivités » donc, la Grande Scène s’avère particulièrement clairsemée. Si la foule a bien répondu présent en début de concert, tapissant l’entier de l’espace, il lui aura fallu le temps d’une moitié de show pour se vider d’un bon tiers. De quoi porter un regard pour le moins étonné. Et se dire que, peut-être, le choix opéré par Paléo s’avère stratégique, en coupant drastiquement cette année les guitares hyper saturées par de cradingues distos.


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