007 ne résiste pas à l’époque

Une zone complète est consacrée à James Bond dans le musée de l’espionnage de Berlin. David Trotta @ PLANS CULTES

Annoncé comme ultime épisode avec Daniel Craig, « Mourir peut attendre » serait-il aussi le dernier James Bond ? ALERTE SPOILER

David Trotta

Il s’appelle Bond, James Bond. Le plus célèbre agent du MI6, les services secrets britanniques. On le connaît pour ses missions, ses costumes, et, bien évidemment, pour ses conquêtes. Depuis plusieurs années, Bond au cinéma, c’était Daniel Craig, dont on profite une dernière fois avec « Mourir peut attendre », le dernier-né de la saga 007 sur grand écran, sorti en salles le 30 septembre.

Si l’information avait déjà été rendue publique, force est de constater que l’attribution du numéro spécial 007 à un autre agent, en l’occurrence Nomi, incarnée par l’actrice Lashana Lynch a de quoi surprendre. Non que le film soit mauvais. Au contraire, malgré une production de près de trois heures, « Mourir peut attendre » tient le spectateur en haleine. Avec un bon mélange d’action, d’intrigues, de spéculations et d’humour tout anglais.

Reste que l’arrivée d’un nouveau personnage supposé supplanter Bond, en retraite durant une grande majorité du film, rappelle les polémiques d’il y a quelques années. Lorsqu’il était question de changer d’acteur pour reprendre le rôle, après que Daniel Craig a annoncé ne plus vouloir endosser le costume de 007. La saga aurait donc pu mettre en lumière l’acteur Idris Elba, qui a finalement refusé, précisément à cause du tollé suscité autour d’un potentiel James Bond noir.

La pression a enfin grimpé pour que 007, jugé d’un autre temps, en adéquation avec une époque révolue, prenne les traits d’une femme. James Bond noir, James Bond femme, pourquoi pas, au fond. Car le propos se situe ailleurs : à savoir pourquoi et comment, dans la mesure où il s’agit d’une saga connue de toutes et tous, avec ses codes et ses logiques. Mais la façon dont le changement de direction s’opère dans « Mourir peut attendre » évoque toutefois davantage une équipe de production ayant cédé à la pression d’une époque plutôt qu’à un réel choix assumé. 007 repris par une femme noire, pourquoi pas. D’autant que l’actrice montre l’étendue de ses compétences sur l’entier du film, sans qui James Bond n’aurait pas pu mener à bien son ultime mission. Mais le retour en arrière en milieu d’intrigue, avec l’agent Nomi demandant la permission de redonner le titre de 007 à Bond, relève de l’incohérence la plus totale. Dommage, puisque la sortie de Daniel Craig aurait probablement gagné en puissance sans son attache à 007. Et le changement de cap pour la firme, si celui-ci avait été réellement voulu, aurait également pu se faire en toute intelligence sans un revirement de situation parfaitement inutile, voire pathétique.

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