« JE N’AI PAS TOURNÉ AVEC PASSION AND WARFARE PARCE QUE J’ÉTAIS TERRIFIÉ »

Le guitariste Steve Vai faisait une halte hier soir par Les Docks dans le cadre de la tournée anniversaire des 25 ans de son troisième album solo. GALERIE PHOTO.

David Trotta

Il est environ 20h30, hier soir, quand les lumières s’éteignent aux Docks. Un écran s’allume. Puis une vidéo apparaît. Il n’a quand même pas osé ? Si, si ! Il a vraiment osé. Diffuser quelques secondes du film kitsch Crossroads de 1986 dans lequel Steve Vai fait une apparition en tant que guitariste du diable.

Puis c’est l’entrée en scène. Dans le noir, des lasers rouges surgissent. C’est Steve Vai et ses acolytes. L’entrée est fracassante : son tranchant, basse qui claque, batterie qui martèle, lunettes noires, pull à capuche blanc. Puis la lumière revient peu à peu. Ça commence bien. Steve Vai se montre enfin. Enlève ses lunettes, retire sa capuche, commence à grimacer, comme il a l’habitude de faire, au gré des tumultes de son Ibanez.

Passion and Warfare
Hier soir, le concert de Steve Vai avait une saveur particulière. C’est que le guitariste virtuose était de passage à Lausanne dans le cadre de la tournée anniversaire des 25 ans de son troisième album solo Passion and Warfare. Un opus qu’il explique brièvement à la foule. « J’avais besoin de faire quelque chose à moi. Alors je me suis enfermé en studio, et ça a donné Passion and Warfare. Je n’ai jamais tourné avec Passion and Warfare, parce que j’étais terrifié. Mais ce jour est venu, et c’est aujourd’hui ! ».

Et pour cette tournée anniversaire, Steve Vai a vu les choses en grand. Au moment d’interpréter Liberty, le premier titre de l’album, l’écran, juste au-dessus de la batterie, s’allume une fois encore. Brian May de Queen, l’une des idoles de Vai, apparaît. Il s’agit d’une vidéo d’un live en Espagne durant lequel les deux guitaristes ont partagé la scène. Manière de partager sa passion, lui qui est fréquemment invité sur des titres d’autres artistes. Steve Vai s’amusera à plusieurs reprises de cette manière. Car c’est aussi Joe Satriani ou John Petrucci qui apparaîtront à l’écran au cours du concert, pour des « duos » improbables.

De bout en bout, Steve Vai a été à la mesure des attentes. Voire au-delà. Sur les planches, il alterne rapidité, douceur, décalage, concentration. Avec toujours un souci quasi obsessionnel pour la mélodie, au cœur de chaque titre. De bout en bout, il a transmis sa passion au public qui le lui a bien rendu. Un public avec lequel il s’amuse beaucoup. Pur moment de magie et de partage. Les oreilles hurlent encore, de la même façon que Steve Vai a fait surgir les plus impressionnants hurlements de sa six-cordes. Un mec profondément possédé qui a conquis la foule lausannoise.

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