La France a rendu un hommage vibrant, jeudi 9 septembre aux Invalides de Paris, à l’acteur français de légende, décédé lundi.

David Trotta

Siège de autorités militaires françaises, l’hôtel des Invalides de Paris, s’est transformé jeudi après-midi en un théâtre magnifique, le temps d’un hommage national accordé à Jean-Paul Belmondo.

L’acteur, décédé jeudi à l’âge de 88 ans, dont le cercueil trônait au milieu de la cour, s’est ainsi vu tirer le portrait par le Président de la République Emmanuel Macron. Dans son discours, qui émanait d’avantage du fan que de l’homme d’État, Emmanuel Macron a souligné le long et brillant parcours de Jean-Paul Belmondo, « héros aux mille visages, dont la carrière charrie mille vies, dans lesquelles nous nous retrouvons tous un peu des nôtres, et qui ont scandé six décennies de vie française. »

Le temps d’un hommage poignant, qui a rassemblé les membres de la famille de Jean-Paul Belmondo, personnalités de la culture, du monde de la télévision, de la classe politique ainsi qu’un millier de Françaises et Français à l’occasion d’un grand hommage national, Emmanuel Macron a égrainé une filmographie particulièrement longue et fournie d’un homme, acteur devenu légende, icône qui s’était imposée parmi les stars françaises les plus appréciées. « Nous aimons Jean-Paul Belmondo parce qu’il nous ressemblait. Géant parmi les géants, il était surtout cet homme parmi les hommes, que décrivit son voisin d’enfance Jean-Paul Sartre. On l’admire, il nous faire rire. Belmondo, c’est un peu de nous, en mieux. »

Un au revoir au Professionnel

Outre une carrière que beaucoup d’actrices et beaucoup d’acteurs admirent, Emmanuel Macron a aussi longuement salué les qualités humaines de Belmondo, très souvent louées par ses confrères et consœurs. « Parisien au sang italien, amoureux de la langue Grand Siècle autant que de l’argot parisien, tendre turbulent, bourgeois boxeur, athlète incroyable criblé de fêlures, Jeau-Paul Belmondo raconte nos contradictions, nos failles. On aime sa solitude, son goût du risque, l’élégance de sa joie, son style. À chaque fois, il fit la chronique de nos vies. D’un monde triste et gai, tendre et cruel, réel et surréel, terrifiant et marrant, nocturne et diurne, solite et insolite, beau comme tout. Au fond, c’est peut-être Pierrot, qui dans sa douce folie, maquillé de bleu, parlait le mieux de Belmondo. »

Sans compter encore ce qui s’avère peut-être le plus bel hommage que la France pouvait rendre à l’un de ses monstres sacrés. Lorsque, dans les derniers instants de la cérémonie, son cercueil quitte les Invalides, suivi par la famille de l’acteur, aux sons de l’orchestre de la Garde Républicaine. Qui ne pouvait pas mieux dire au revoir à Belmondo que sur la musique du Professionnel.

One Comment on “Emmanuel Macron : « Belmondo, c’est un peu nous, en mieux »”

Laisser un commentaire