Metallica déroule sa symphonie

Metallica S&M2

Le concert-événement S&M2 était diffusé hier et avant-hier dans plus de 3600 cinémas à travers le monde. Une belle performance réitérée vingt ans après par le quatuor américain.

David Trotta

20 heures, l’écran s’allume. Passées les publicités et autres bandes annonces, Metallica apparaît. En premier lieu pour mettre l’accent sur la fondation que le groupe a créée, puis, enfin, pour rentrer en scène. Et pas n’importe laquelle.

Hier soir et avant-hier, Metallica diffusait dans plus de 3600 salles de cinéma sa performance, livrée live début septembre à San Francisco, en compagnie de l’orchestre symphonique de la ville. Un concert-événement symbolique à plus d’un titre puisque S&M2 était l’occasion de remettre sur le métier le concept qu’il avait déjà créé en 1999. Soit une performance à la hauteur de la force de frapper dont dispose le quatuor aux dizaines de millions d’albums vendus.

Risqué et classique à la fois
L’entrée en scène de groupe n’étonne personne, puisque le concert démarre sur Le bon, la brute et le truand, comme Metallica a coutume de le faire depuis de nombreuses années. Il enchaîne ensuite sur son célèbre instrumental Call of Ktulu. Idem qu’en 1999.

Au total, Metallica et l’Orchestre symphonique de San Francisco aura présenté une set list de dix-huit titres. Une partie déjà abordée en 1999, augmentée de nombreux morceaux issus des différents albums parus depuis. Parmi ceux-ci, le groupe et l’orchestre se retrouvent en parfaite symbiose, notamment sur Confusion ou Moth Into Flame, deux titres publiés sur « Harwired to Self-Destruct », le dernier album en date de Metallica, sorti en 2016.

À saluer aussi les risques pris par le groupe en milieu de concert, juste après la reprise des hostilités. Une entrée en matière par l’orchestre seul sur une pièce de Prokofiev. Rejoint ensuite par les membres de Metallica pour interpréter du Alexander Mosolov. Puis, à la surprise générale, le groupe repart. Sauf James Hetfield, qui interprète seul avec l’orchestre, et sans sa guitare, un Unforgiven III particulièrement fort en émotion. Au centre de la salle, dont la scène est disposée en cercle, Hetfield semble se livrer comme jamais auparavant, la voix presque fébrile, pour la première et unique fois sans ses frères d’armes qui l’accompagnent depuis 1981.

Quelques fausses notes
Si les choix musicaux s’avèrent dans leur très grande majorité efficaces et livrés de la plus belle des manières, quelques morceaux se seront en revanche avérés plus laborieux. C’est notamment le cas de The Day that Never Comes, quatrième titre de la soirée. L’introduction épurée de ce succès paru en 2008 sur l’album « Death Magnetic » se retrouve vite noyée dans une réorchestration trop complexe, pas vraiment en phase avec l’esprit de la chanson d’origine.

Le sentiment s’avère similaire avec Unforgiven III, et malgré une performance symbolique forte. Autre morceau aussi issu de « Death Magnetic ». Alors qu’il s’agit peut-être de la chanson la plus simple à transformer en version symphonique de l’ensemble des titres de Metallica. La seule où l’on entend du piano et des notes égrainées, chacune parfaitement pensée et pesée. Là encore, petite confusion sonore avant que les choses se mettent en place et en arrivent à un résultat aussi sobre que la version de l’album.

Enfin, bien en aura pris à celles et ceux qui auront pensé à se protéger les oreilles tant le volume sonore, et ce malgré un concert délivré par un groupe de rock dur, avait tendance à agresser les tympans.

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