« J’ai vraiment dû expliquer et défendre mon travail »

Dave Grohl © wikimedia commons

Dave Grohl fête aujourd’hui, lundi 14 janvier, ses 50 ans. Retour sur le parcours de l’ex-Nirvana, devenu l’un des artistes que toute la scène rock s’arrache.

La vidéo de sa dernière chute la semaine dernière a vite tourné sur le web. Et pour cause, la dernière fois que le musicien est tombé de scène, en 2015, Dave Grohl s’est littéralement brisé la jambe. Ce qui ne l’avait pas empêché de terminer le show, assis dans une chaise, rafistolé tant bien que mal. Cette fois-ci, plus de peur que de mal pour le musicien, qui fête aujourd’hui ses cinquante ans. Dont plus de la moitié à faire partie des plus grands groupes de rock.

« Je savais que je pouvais le faire »
S’il est aujourd’hui connu en tant que leader des Foo Fighters, Dave Grohl commence sa carrière de musicien à la batterie de Scream. Un instrument qu’il apprend, adolescent, par défaut, raconte-t-il en 2017 au micro de Lars Ulrich. « J’étais dans un groupe, Freak Baby, et le batteur était vraiment boiteux. Je savais que je pouvais le faire. Et ça a marché. »

Vient ensuite la consécration, en 1990, lorsque Grohl est recruté par Nirvana, dont il devient le cinquième batteur. Un moment que relate Butch Vig, le producteur de Nevermind en 1991 et membre de Garbage, dans le documentaire Back and Forth. « Avant l’arrivée de David, Kurt a laissé un message sur mon répondeur : ‘Butch, on a le meilleur batteur du monde ! C’est le meilleur du monde, je te jure ! Il est mortel, mec !’ Et il a raccroché. » Jusqu’en 1994, Nirvana publiera plusieurs albums parmi les plus influents du monde rock. Une période au cours de laquelle Dave Grohl apprend beaucoup de la composition aux côtés de son ami Kurt Cobain.

« Le type de Nirvana »
La carrière de Grohl a bien failli s’arrêter début avril 1994 avec le suicide de Cobain. Comme il le raconte souvent, Dave Grohl décide de mettre la musique entre parenthèses. « Je ne voulais plus jouer. J’ai arrêté la batterie. Au bout de plusieurs mois, j’ai réussi à me secouer. » Grohl reprend sa guitare et se rend dans un studio à côté de chez lui. Il y enregistre, à lui seul, plusieurs morceaux qu’il a composés entre 1990 et 1994. « Au bout d’une semaine, j’avais une cassette. J’ai décidé de ne pas mettre mon nom. Les gens se diront que c’est un groupe. Pas le type de Nirvana », raconte-t-il dans Back and Forth. Naissent alors les Foo Fighters.

C’est au cours de cet enregistrement que Grohl commence à être appelé et engagé pour ses talents de batteur. En premier lieu par Tom Petty qui recherche un percussionniste pour son passage dans le Saturday Night Live. « Puis j’ai eu l’opportunité de rentrer dans son groupe. Il fallait choisir. Je pouvais jouer de la batterie pour lui. Mais aussi recommencer à zéro. Être le chanteur et le guitariste d’un groupe. Ce que je n’avais jamais fait. Ça n’a pas été facile de dire non à Tom Petty. » Avec les années, il collaborera avec David Bowie, Juliette Lewis, Lemmy Kilmister de Motörhead, Slash, les Queens of the Stone Age, Prodigy, Nine Inch Nails et bien d’autres encore.

25 ans de Foolie
Grohl choisit de tracer sa propre voie en 1994. Pour l’entourer, il recrute son ami Pat Smear, guitariste de tournée pour Nirvana, ainsi que Nate Mendel à la basse et William Goldsmith dont le groupe, Sunny Day Real Estate, se sépare la même année. Un premier disque sort en 1995. Il s’agit de la cassette enregistrée par Grohl.

Si les Foo Fighters tournent et rencontrent leur public, l’identité de Grohl reste attachée à Nirvana. Lui coûtant l’inimité de certains fans. « On me demandait souvent pourquoi j’avais décidé de faire le même genre de musique. C’est-à-dire ? Des guitares saturées, des mélodies rock, de la cymbale crash et une batterie qui tabasse ? Parce que c’est ce que je fais. Je ne vais pas jouer du reggae. Les deux premières années, j’ai vraiment dû expliquer et défendre mon travail. »

Le deuxième album, The Colour and the Shape est enregistré en 1997. S’il contient certains hymnes des Foo Fighters, comme Monkey Wrench, My Hero ou Everlong, l’album a aussi coûté sa place à William Goldsmith. Grohl, mécontent des parties posées par le batteur, réenregistre l’entier de ses pistes dans son dos. Il souhaite toutefois que Goldsmith reste le musicien de scène, ce que le percussionniste refuse. « Tu es le batteur d’un groupe dont le chanteur est le meilleur batteur du monde. Et il attend que tu fasses aussi bien que lui. Ça te met vraiment une pression de malade », relate Pat Smear dans le documentaire. C’est ainsi que sera recruté à son poste Taylor Hawkins, alors musicien pour Alanis Morissette. Avec les années viendront enfin Chris Shiflett à la guitare solo puis Rami Jaffee aux claviers.

Mister Rock’n’Roll
Connu et reconnu pour ses qualités musicales, Grohl s’est aussi forgé une solide réputation de type le plus cool de la scène rock. S’il fréquente nombre de ses pairs en dehors des salles de concerts, il est de plus en plus souvent l’objet de buzz relatés sur le web. Lorsqu’il adresse un courrier à des autorités locales pour défendre un jeune groupe à qui l’on a interdit de jouer dans un garage à cause du bruit. Quand il invite des fans à grimper sur scène le temps d’un ou deux morceaux, avant parfois de faire don de sa guitare. En décidant de continuer deux heures durant un show à peine entamé alors qu’il vient de se casser la jambe en tombant des planches. En stoppant un concert pour s’adresser directement à un auditeur qui préfère se battre plutôt que de fondre dans l’ambiance Cool Fighters.

De ses propres mots, les concerts ont une importance particulière. Quand il joue, le plus souvent deux heures et demi, Grohl met un point d’honneur à ce que tout le monde se sente concerné et participe. « Le mec aussi bien sur le balcon que juste devant la scène. » Une osmose due en grande partie à l’attitude de David Eric Grohl, comme la racontait Lars Ulrich dans son émission radio : « Tu as le public dans ta main. Tu n’es pas juste le chanteur. Mais plutôt un hôte », soulignait le batteur de Metallica. « Nous sommes juste des êtres humains, répondait alors l’intéressé. Je m’inspire de gens comme David Bowie, qui est le même en coulisses que sur scène. Ce qui fait qu’on est aussi capables de se planter pendant un morceau. Et c’est à notre avantage par rapport à d’autres groupes avec des très grosses productions où le concert sonne comme l’album. »

David Trotta


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