Harry Quebert pas à son affaire, en vérité

Les deux premiers épisodes de la série adaptée du roman à succès de Joël Dicker étaient diffusés hier soir sur RTS1. Pas franchement convaincants. Voire assez décevants. Malheureusement.

La sérié tant attendue a enfin débarqué sur les écrans. Hier soir, la Radio Télévision Suisse proposait les deux premiers épisodes, sur dix, de La vérité sur l’affaire Harry Quebert, adaptée du roman de 2012 de Joël Dicker.

Elle avait de quoi faire envie. Jean-Jacques Annaud à la réalisation, Patrick Dempsey pour camper Harry Quebert, Ron Perlman, Kurt Fuller, Don Harvey ou Wayne Knight parmi les visages célèbres. Et même, pour l’anecdote, Joël Dicker caché à plusieurs reprises parmi les figurants, en joueur de poker ou en policier. Mais le début de la série ne laisse pas vraiment présager du bon. De loin.

Rappel des faits
L’histoire, le livre comme la série, suit Marcus Goldman, un jeune écrivain vivant à New York qui vient de publier un roman à succès. Attendu au tournant pour son deuxième volume, Marcus est en manque d’inspiration. Afin d’y remédier, il contacte son ancien prof d’université, aussi auteur émérite, qui l’invite à lui rendre visite dans sa maison, dans la Maine, en face de l’océan. Harry Quebert a notamment publié Les origines du mal, « considéré par beaucoup comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature américaine », précise le narrateur. Un jour, Goldman trouve une boîte cachée dans la bibliothèque de son mentor. Dedans, des photos du professeur avec une jeune fille, Nola. Ainsi qu’une coupure de presse relatant la disparition de l’adolescente de 15 ans.

Deux semaines après le retour de Marcus chez lui, il reçoit un appel de Quebert. « Nola est morte. C’est ma faute », sanglote Harry avant de raccrocher. Aux infos télévisées, on le voit se faire emmener menotté par la police. La journaliste raconte que des ossements ont été retrouvés dans le jardin, à moins de 50 mètres de la maison.

Moins romanesque
Tous les ingrédients étaient réunis pour en tirer une bonne série. C’était sans compter certains choix de casting. À commencer par Marcus Goldman, fadement incarné par Ben Schnetzer. Large sans avoir les épaules, épais sans profondeur, arrogant mais tristement lisse. Ou le manque étonnant de suspense. C’est bien le plus dommage dans l’histoire. Le roman de Dicker se dévore. Un pavé qui tient page après page le lecteur en haleine. Un vrai bon polar avec son lot de rebondissements. La série cantonne pour sa part le spectateur à quelques haussements de sourcils plutôt dubitatifs.

Mais ce sont aussi certains effets qui manquent la cible. L’histoire navigue entre 1975, année de la rencontre entre Nola et Harry, alors la quarantaine, et 2008, au moment où Marcus mène son enquête. Le réalisateur a misé sur le maquillage pour vieillir Dempsey. Jamais pourtant on arrive à croire qu’il campe un septantenaire. Un quinqua bien tapé tout au plus. Les bonds temporels s’inscrivaient naturellement dans le roman. À l’écran, la cohérence est plutôt hasardeuse.

Bref. La série, les deux premiers épisodes pour le moins, est plutôt décevante. Probablement pour une bonne partie de celles et ceux qui ont tout simplement été happés par le roman. Mais pas de quoi en faire une affaire pour autant.

David Trotta

2 Comments on Harry Quebert pas à son affaire, en vérité

  1. Complètement d’accord avec toi, David ! Mauvais casting, mauvaise post-prod pour les dialogues en francais, réalisation d’une grande platitude (la scène d’ouverture avec la camera sur drône ???!!!)
    Le decoupage du roman nous tenait en haleine d’un bout à l’autre alors que là, on s’ennuie et on a envie de zapper, très vite hélas …

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  1. Harry Quebert se reprend… un peu – PLANS CULTES

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