Rock and Roll Lol of Fame

L’histoire commence en 1986. Elle réunit Chuck Berry, James Brown, Ray Charles, Sam Cooke, Fats Domino, The Everly Brothers, Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Little Richard et Elvis Presley. Une belle brochette de têtes d’affiches, toutes introduites au Rock and Roll Hall of Fame lors de sa première cérémonie.

Grande classe, même si certains autres noms, déjà à l’époque, semblent manquer à l’appel. Oui, oui, il est bien question des Beatles et des Stones. Pourquoi ? Direction le règlement de la fondation : un groupe ou artiste devient éligible seulement 25 ans après la publication de sa première œuvre commerciale. Nos compères entreront donc plus tard dans le cercle, qu’on pense souvent fermé, des membres du Panthéon, respectivement en 1988 et 1989.

Avec les années, le club va s’élargir pour accueillir celles et ceux dont l’influence a façonné et radicalement influencé le genre. Citons The Who (1990), Johnny Cash (1992), The Doors (1993), Led Zeppelin (1995), Bowie (1996), Pink Floyd (1996), Aerosmith (2001), Queen (2001), Metallica (2009), Guns N’ Roses (2012), Nirvana (2014) ou encore Deep Purple (2016).

Prestige ou prestidigitation ?
Définir qui est le meilleur. Comme les listes de 100 meilleurs artistes ou albums de tous les temps selon le magazine Rolling Stone. On regarde ça d’un œil en se disant que la démarche est aussi prétentieuse qu’audacieuse et franchement pas des masses intéressante. Et pourtant, on lorgne. Et on peste quand le classement a oublié d’inclure notre idole. Ou quand il pose de colles. Qui pour grimper sur la première marche du podium des meilleures guitaristes rock ? Jimi ou Jimmy ? Trahir Hendrix ou Page ? Un peu à la façon du juge disant au gosse de choisir entre papa et maman. Bref.

Sur le papier, on se laisse quand même tenter. Quand un nom claque, tel le Rock and Roll Hall of Fame, on se dit pourquoi pas. D’autant que certaines années, les cérémonies ont réservé de belles surprises. En 2014 par exemple, quand le public a pu voir en direct Dave Grohl (pote et musicien de Cobain) et Courtney Love (nana de Cobain) enterrer la hache de guerre lors de la remise de son prix à Nirvana. Ou en 2016, soit quatre ans après l’introduction des Guns, avec la reformation du combo californien presque originel qui a repris le chemin de la scène. Alors que les deux leaders ne s’étaient plus adressé la parole, si ce n’est par médias interposés, depuis plus de 20 ans.

Puis vient l’heure de regarder la liste avec plus d’attention. Et de se dire que l’absence de certains est objectivement contestable. Pire encore, que la présence d’autres l’est encore plus. D’accord, plusieurs artistes ont multiplié les casquettes. Michael Jackson, Madonna, Run-DMC.

Passé ce cap, c’est enfin l’incompréhension et le sentiment de supercherie qui s’installent. Que viennent foutre ABBA, les Bee Gees, Jimmy Cliff ou Tupac Shakur dans le lot ? Encore plus quand des Iron Maiden, Motörhead ou Soundgarden n’y sont pas. Il est quand même curieux de considérer que les papes de disco et du rap ont eu une plus grande influence dans le monde du rock qu’une vierge de fer, hargneuse au point d’imposer le heavy metal des clubs miteux sur les plus grandes scènes de la planète. Mesdames et messieurs du comité… un peu de sérieux.

En réalité, le problème vient certainement du fait que personne ne sait vraiment comment sont proposés, année après année, les artistes. Une quinzaine de noms est soumise à vote. Selon la fondation, plus d’un millier d’historiens, membres de l’industrie musicale et artistes donnent leur voix. Les cinq les plus cités de la liste fermée sont introduits. Dans sa grandeur d’âme, le comité laisse même depuis peu la possibilité au public de se prononcer via son site web. Mesdames et messieurs du comité… que d’honneur !

Pour vous qui êtes en train de lire, n’hésitez donc pas à aller soutenir votre candidat. Vous avez jusqu’au 9 décembre. Je vous épargne la liste complète des nominés, mais vous avez le choix notamment entre The Cure, Rage Against the Machine, Roxy Music, Def Leppard, MC5, Stevie Nicks, Radiohead et… Janet Jackson. Vraiment ? Mesdames et messieurs du comité… un peu de sérieux. S’il vous plaît. Vraiment. Et pour celles et ceux qui, comme cela arrive, se sentiraient outrés de ne pas voir leur patronyme gravé dans le marbre, simplement parce qu’ils n’ont rien à y faire, au risque de paraître Extreme : get the funk out !

David Trotta | Mardi 20 novembre 2018

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