« J’AIMERAIS QUE CE FESTIVAL S’APPELLE LE CLAUDE NOBS MONTREUX BLUES FESTIVAL »

JUILLET | Montreux Jazz fête son 50e anniversaire. Parmi les artistes, des amis et habitués, comme ici le bluesman Buddy Guy ou le trio ZZ Top. Photo: © 2016 FFJM Lionel Flusin. LIRE L'ARTICLE: https://planscultes.ch/2016/07/05/jaimerais-que-ce-festival-sappelle-le-claude-nobs-montreux-blues-festival/

Hier soir, Le Montreux Jazz Festival a vibré au son des légendes blues et rock Buddy Guy et ZZ Top. Ces papys, totalement acquis à Montreux, qui déroulent et font encore monter la température.

David Trotta

La soirée de lundi s’annonçait blues à l’Auditorium Stravinski du 50e Montreux Jazz Festival. Car l’affiche était belle : Buddy Guy pour commencer, le trio ZZ Top pour conclure. Et blues, elle l’a été.

Sur les coups de 20h, comme de coutume, on annonce l’arrivée du premier artiste. C’est l’un des mythes du blues, aussi un « grand ami du Montreux Jazz » précise Mathieu Jaton, directeur du Festival. Trois musiciens foulent les planches quelques instants plus tard. Puis c’est l’entrée en scène de la star, qui soufflera sa huitantième bougie le 30 juillet. Buddy Guy est fidèle à lui-même. Une Fender Stratocaster beige, pickguard blanc, chemise manches courtes noire à pois blancs, béret, pantalon blanc, et un sourire qui illumine toute la salle. Départ.

Un peu plus de deux heures plus tard, c’est au tour du plus célèbre trio barbu, aussi venu d’Amérique, de fouler le sol du Stravinski. Enfin, l’un des trois arbore une moustache bien fournie, malgré son patronyme. C’est le batteur Frank Beard. Bref.

Le duo de choc, composé du « Révérend » Billy Gibbons à la guitare et au chant principal, et Dusty Hill à la basse, aux claviers et au deuxième micro, se met en place. Plutôt sobres, ils sont comme d’habitude vêtus de noir. Seuls les instruments, dorés, détonnent. Là encore, la formation se met en route et déroule. A souligner peut-être la guitare choisie par Gibbons. Surtout réputé pour jouer sur une Telecaster à micro unique, côté chevalet, Gibbons arrive avec un modèle Gibson customisé. Le corps, c’est celui d’une « SG », sauf que les deux micros sont très rapprochés, et qu’une grande partie de la table est composée d’une gravure et visiblement d’un vibrato. Côté tête, c’est celle du modèle « V » qui orne le haut du manche.

A la maison ?
Hier soir, au-delà de la performance musicale, bien huilée autant chez Buddy Guy que chez ZZ Top, c’est surtout l’attitude des deux formations qui a retenu l’attention. Car les deux partis ont franchement donné l’impression d’être parfaitement chez eux, quitte à frôler le « je-m’en-foutisme ». Après tout, s’ils sont chez eux, qu’ils fassent effectivement ce qui leur chante. D’autant que c’est du goût du public.

Buddy Guy a ainsi passé en revue certains standards, I Just Want To Make Love To You, des plus récents, Meet Me In Chicago, comme des titres issus de son dernier opus, Born To Play Guitar. A Montreux, il s’est aussi beaucoup amusé avec le public, jouant de la guitare avec les dents, ou avec une baguette de batterie. Demandant s’il jouait trop fort, qui connaissait son dernier album et en exigeant le titre auprès des personnes qui ont répondu par l’affirmative. Mais surtout, en plein milieu d’un morceau, le musicien s’en va. Pourtant, le solo de guitare continue. Puis les caméras s’agitent. Buddy est sorti de scène pour jouer au cœur du public. Sauf que cette pirouette, il l’avait déjà réalisée en 2010.

Un peu sans surprise donc ? Installé trop confortablement dans son canapé ? D’autant qu’il le dit lui-même, il connaît très bien Montreux, c’est l’une de ses scènes favorites. Et de remercier Monsieur Montreux Jazz, Claude Nobs, pour lequel il aimerait que « ce Festival s’appelle le Claude Nobs Montreux Blues Festival ».

Après une heure, pour qui l’a déjà vu, ça ronronne. C’est là que Buddy Guy décide d’abattre sa carte. Elle s’appelle Quinn Sullivan. Un jeune prodige de la guitare de seulement 17 ans. Comme à la maison donc, Buddy Guy s’amuse, préférant se mettre en retrait pour laisser briller ses musiciens, son clavier, le second guitariste, et surtout le jeune Quinn. Avant de s’atteler à des titres de Hendrix, Voodoo Child, ou Eric Clapton, Sunshine of Your Love. Comme en 2010. Puis le patron s’en va. Il laissera les siens fermer la boutique.

Côté ZZ Top, bien que différente, cette impression est aussi présente. Car le trio déroule. Sans se poser de questions. Les deux acolytes aux cordes jouent le classicisme. L’un tout proche de l’autre, la batterie et la basse qui soutiennent le jeu mythique de Gibbons. Leur liste est aussi fortement composée de standards. Gimme All Your Lovin’, Legs. ZZ Top aussi s’amuse à jouer Hendrix, mais avec Foxy Lady. Ce qui n’empêche pas le public, comme durant le show de Buddy Guy, de prendre un vrai bon moment dans les oreilles.

Tout roule, et la température n’a fait que grimper depuis le début de soirée. Puis Frank Beard s’allume une cigarette. Puis deux. Et Gibbons retourne sa guitare. En gros est écrit, en français, « bière ». Trois mecs dans leur local en fin de compte. Après cinquante minutes, ils s’en vont. Pour mieux revenir, cette fois-ci avec des vestes à strass et envoyer de purs classiques, à commencer par La Grange, puis Tush. Le tout comme si de rien n’était.

Un côté « bon les gars, on vous connaît depuis longtemps, vous nous connaissez depuis longtemps, et si on s’amusait franchement ce soir ? » Pour un plaisir que visiblement très peu ont boudé.

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